Entreprise

Le secteur de la grande distribution souffre en Belgique. Alors que les négociations se poursuivent chez Delhaize, c’est au tour de Cora d’annoncer le licenciement collectif de pas moins d’un cinquième de son personnel. Pour être exact ce sont 447 des 2.500 membres du personnel qui vont se voir montrer le chemin de la sortie, même si les conditions de licenciement sont sensiblement différentes de chez ses concurrents.

"Ce n’est encore qu’une intention, souligne Eugénie Ledoux, secrétaire permanente CGSLB. La situation est différente des enseignes concurrentes dans la mesure où, chez Cora, on a toujours refusé les départs en prépension. Ce qui signifie que nous sommes face à un personnel dont de nombreux membres appartiennent aux tranches d’âges les plus élevées, ce qui permettrait d’éviter tout licenciement sec. Reste qu’il faudra négocier avec la direction car le départ à la prépension n’est une solution viable que si elle s’accompagne d’un complément financier.”

Les syndicats se félicitent cependant de l’ouverture d’un dialogue avec cette même direction. “Socialement parlant, une telle décision est toujours difficilement acceptable, mais elle peut être compréhensible. Ce qui est positif, c’est qu’aucune fermeture de magasin, ni aucune réduction de surface n’est envisagée. Et, dans le secteur, lorsqu’on parle de licenciements collectifs, cela ne s’accompagne que rarement de perspective pour redynamiser le réseau. Ici, ces perspectives sont bien réelles et c’est encourageant dans la poursuite des négociations. Même si, je le répète, cette situation est probablement due à un manque d’anticipation et qu’au-delà de la compréhension, elle n’en est pas pour autant excusable.”

Cora détient 7 enseignes en Belgique et aucune ne devrait être épargnée par ce plan social qui tombe sous le coup de la loi Renault. “On sait cependant que les magasins de Hornu et Rocourt sont ceux qui emploient le plus de personnel des tranches d’âges supérieurs et risquent donc d’être les plus impactés. Sans compter les contrats temporaires qui, eux, ne devraient pas être renouvelés. Cela reste un coup dur, même si nous devrions éviter le bain de sang social."