Liquidation totale chez Gib

SANDRINE VANDENDOOREN Publié le - Mis à jour le

Entreprise

Depuis la vente de ses activités de bricolage, la messe était dite. Réduit à une holding composée de liquidités et de quelques participations dans la restauration rapide (Quick, Lunch Garden, Exki), le groupe Gib n'avait plus beaucoup de raisons d'exister. Son conseil d'administration a décidé, mardi soir, de mettre un point final à l'histoire du groupe, en décidant la dissolution et la mise en liquidation de Gib S.A., la holding faîtière du groupe. La décision ainsi que la désignation du liquidateur seront soumises à l'assemblée générale des actionnaires, le 19 juin.

C'est donc une nouvelle page qui se tourne dans l'histoire économique belge. Comment cet ex-paquebot de la distribution belge en est arrivé là? Jean-Pierre Bizet, l'administrateur-délégué de Gib depuis février 1999, a donné, mercredi, sa vision des événements. `La dissolution de Gib est un événement spécial car le groupe existe depuis longtemps mais cette liquidation n'a rien à voir avec une faillite. On ne liquide que la holding faîtière, c'est-à-dire la caisse et la propriété des dernières participations´, a précisé le patron de Gib avant d'ajouter: `C'est plus un partage qu'une liquidation.´ Le liquidateur aura d'ailleurs pour mission de redistribuer toutes les liquidités disponibles après avoir réservé les montants permettant à la société de faire face à l'ensemble de ses engagements (les garanties sur les cessions d'actifs). L'impact social est quasi nul. La holding Gib n'occupe plus qu'une vingtaine de personnes et une partie de l'équipe sera reprise par le liquidateur.

`Dans un secteur européen en consolidation, un conglomérat d'enseignes locales comme Gib n'a plus de raison d'être´, estime M. Bizet. On comprend mieux aujourd'hui pourquoi cet ancien consultant a marié la plupart des enseignes de Gib à des partenaires de taille européenne (lire encadré). `Nous avons logé chacune de nos enseignes dans les meilleures mains possibles et nous avons chaque fois obtenu un prix juste. Nous avons fait ce qui était le mieux pour les entreprises et les actionnaires.´ Plusieurs questions restent à régler.

1. Que vont devenir les derniers actifs de Gib? Aujourd'hui, Gib détient encore des participations dans Quick (57,8 pc), Lunch Garden/Crock'in (100 pc), Exki (79,4 pc), Disport (50 pc) et Gecotec. Pour Disport, le problème ne se pose pas puisque le partenaire anglais, Sport Soccer, a une option pour monter à 100 pc. Pour les autres enseignes, Jean-Pierre Bizet espère trouver une solution d'ici la fin de l'année. Le cas de Quick est plus complexe car le spécialiste belge du hamburger est coté en Bourse. Une des options serait de distribuer les actions Quick aux actionnaires de Gib. Une autre serait de trouver un repreneur pour remplacer Gib dans l'actionnariat. Mais en ces temps de crise alimentaire, les candidats ne se bousculent pas au portillon. `Il n'y a ni offre ni discussion pour l'instant mais nous n'avons pas cherché d'acquéreur pour Quick depuis deux ans´, a souligné M. Bizet. `Si nous n'avons pas trouvé de solution pour le 19 juin, nous pourrions donner comme mission au liquidateur de distribuer les actions Quick aux actionnaires de Gib. Mais si quelqu'un veut faire une OPA sur Quick, je l'en prie.´

2. Quelle somme vont se partager les actionnaires et quand toucheront-ils le paquet? C'est le liquidateur qui décidera en fonction des montants qu'il gardera en caisse pour les engagements résultant des cessions de filiales. Dans le scénario le plus favorable, c'est-à-dire si Gib cède ses participations avec une plus-value et si aucune garantie n'est exercée, les actionnaires se partageront un magot estimé à quelque 1,3 milliard d'euros, soit 48,7 euros par action. Montant qui sera taxé de 10 pc (soit 43,8 euros) pour les actionnaires particuliers en fonction de la nouvelle loi sur les bonis de liquidation. Dans le cas le plus défavorable (sans plus-value sur les cessions et si les garanties sont exercées), la valeur de l'action ne serait plus que de 41,7 euros, moins les 10 pc de précompte. Soit 37,5 euros. Quant au timing, les actionnaires peuvent s'attendre à toucher un premier gros paquet à la fin juin.

3. Quid de l'action Gib? Dès que les actionnaires auront reçu une grosse partie des liquidités, la capitalisation boursière de Gib sera réduite d'autant et l'action quittera le Bel 20. Mais elle restera cotée quelques années encore, le temps que le liquidateur clôture la liquidation. Ce qui, vu les garanties en cours, pourrait durer 8 ans. Hier, le titre Gib a clôturé sur une baisse de 4,25 pc à 40,60 euros, les investisseurs préférant vendre avant d'être taxés.

© La Libre Belgique 2002

SANDRINE VANDENDOOREN

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