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RENCONTRE

S'il y a bien un nom qui a fait l'unanimité dans les diverses nominations intervenues dans le cadre de la mutation de la SNCB, c'est bien celui de Luc Lallemand. C'est dire combien l'intégrité et la compétence de l'homme sont reconnues au-delà de sa couleur politique. Il est étiqueté PS, mais il affirme garder son indépendance et n'avoir jamais reçu d'injonction venant des instances supérieures du parti d'Elio Di Rupo.

Né le 30 juin 1966 et père de deux filles (9 ans, 7 ans) qu'il adore, l'homme des chiffres est, depuis le 1er janvier, administrateur délégué d'Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire belge. Son parcours professionnel révèle une ascension fulgurante qu'il doit à ses compétences et à son côté travailleur. L'homme fait preuve d'un sérieux (pour certains, il l'est de trop) et avoue être stakhanoviste. Après son diplôme d'officier de marine au long cours obtenu avec distinction en 1987, il commence sa carrière en 1988 chez Ahlers Shipping à Anvers. La même année, il entame des études d'ingénieur commercial à la haute école Francisco Ferrer à Bruxelles, diplôme qu'il décrochera 2 ans plus tard avec la grande distinction. Abonné aux titres avec distinction, il parfait sa formation par un 3e cycle en finance internationale et cambisme en 1994. Depuis son diplôme d'officier de marine, Luc Lallemand s'est toujours comporté comme s'il ne voulait pas avoir de temps mort dans sa vie. Il a mené de front ses études et sa carrière professionnelle.

Après quelques mois chez Ahlers Shipping, il rejoint le groupe Rossel comme comptable de 1988 à 1991. Il fait un bref passage chez DHL à Bruxelles, où il s'est familiarisé avec la comptabilité internationale. Il réussit brillamment, en 1991, un examen d'entrée à la SNCB pour devenir conseiller financier à la trésorerie où il restera pendant un peu plus de 3 ans. «J'adore le changement, ce qui fait que je ne suis jamais resté plus de 3 ans et demi dans la même fonction. C'est une source de découverte et d'enrichissement intellectuel», dit-il. Son entrée à la SNCB peut paraître comme inscrit dans les astres car il est la 4e génération de cheminot. «Mon arrière-grand-père a participé à la construction des premières voies au Congo», sourit-il.

Suite à des contacts noués avec des collaborateurs de cabinets ministériels lors de la préparation de son diplôme de troisième cycle, il intègre le cabinet du ministre Daerden (Transports) en 1995 comme conseiller budgétaire. Il participe à de grandes réformes, comme le lancement des travaux à grande vitesse, la création de la Financière TGV, la liquidation, sans heurts, de la Régie des transports maritimes (reclassement d'environ 1600 personnes) ainsi qu'à la mise en place de Belgocontrol et de Biac. En 1998, il devient chef de cabinet du ministre Daerden qu'il quittera plus tard en 1999 pour rejoindre le cabinet de Laurette Onkelinx (PS), à l'époque vice-Première ministre. C'est là où il se frotte notamment aux finances publiques. A l'entendre, ses différentes fonctions l'ont enrichi humainement. «Je prends ce qui est bien chez les gens et je laisse de côté le négatif. Je crois aussi qu'à un moment donné, la vie nous envoie des signaux et il faut savoir les décoder», raconte celui qui se définit comme un chanceux.

C'est en 2002 qu'il retourne à la SNCB comme directeur financier avec l'arrivée de Karel Vinck qu'il définit comme «quelqu'un d'extraordinaire qui lui a appris des méthodes de gestion, comment mener un plan stratégique et comment motiver le personnel». Aujourd'hui, cet amoureux de la mer et de la voile, administrateur de diverses entreprises (La Poste, Thalys, AIB-Vinçotte, etc.), entend mettre ses connaissances à la disposition d'Infrabel et démontrer qu'une structure publique peut faire aussi bien que le privé.

© La Libre Belgique 2005