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Selon le quotidien autrichien Österreich de lundi, six compagnies aériennes se sont portées candidates pour participer à la privatisation du transporteur national Austrian Airlines (AUA). Parmi elles, figurent l'allemande Lufthansa et la compagnie franco-hollandaise Air France-KLM. Les partenaires avaient jusqu'à dimanche minuit pour manifester leur intérêt d'achat des 42,75 pc de parts de la compagnie autrichienne détenues par la holding publique ÖIAG. Lufthansa a confirmé dimanche qu'elle était bien intéressée pour participer à la privatisation d'Austrian Airlines, endettée à hauteur d'environ 897,8 millions d'euros. D'après le mandat du gouvernement autrichien, la vente des parts de la holding publique doit être finalisée d'ici la fin de l'année pour être valable.

Contrairement à Lufthansa, Air France-KLM n'a fait aucun commentaire sur les informattions de la presse autrichienne quant à son intérêt pour Austrian, mais elle aurait bel et bien fait acte de candidature pour la privatisation du transporteur autrichien.

Brussels Airlines sur la touche

En attendant le choix des responsables autrichiens, les différentes marques d'intérêt dans le monde aérien semblent indiquer que Brussels Airlines est sur la touche. Et pourtant, des discussions pour l'entrée de Lufthansa dans son capital ont démarré depuis déjà des mois. "On se pose toujours des questions quand on est célibataire et qu'on voit les autres se marier tout autour de soi. Les discussions continuent avec Lufthansa, mais il faut être deux pour danser le tango" , sourit un observateur proche du dossier.

Son analyse, quoique frisant l'humour, résume bien l'état des discussions entre la compagnie allemande et les représentants des actionnaires de Brussels Airlines. Elles seraient difficiles et l'intérêt de Lufthansa pour d'autres opérateurs rend difficile la conclusion d'un accord de rachat de parts de la compagnie belge. En effet, outre Austrian, l'Allemande lorgne aussi sur d'autres proies comme la polonaise Lot et l'anglaise British Midland (Bmi). Et des lueurs de concrétisation de ces différents dossiers ne jouent pas forcément en faveur de Brussels Airlines, surtout que la crise qui frappe aussi le secteur aérien réduit les marges financières de tous ses acteurs.

Parallèlement à une vente, Brussels Airlines souhaite intégrer une alliance commerciale. Ses responsables discutent toujours avec les partenaires de Star Alliance (à laquelle appartiennent Lufthansa et Austrian) et One World (American Airlines, Iberia, British Airways, etc.). Selon nos informations, les vacances ont entraîné une mise en veilleuse des discussions, mais elles devraient reprendre sous peu. Et c'est au plus tard fin septembre que les dirigeants de Brussels Airlines sauront s'ils ont échoué dans leur tentative d'intégrer une alliance.

Un bouleversement pourrait toucher les alliances si c'est Air France-KLM qui est choisie pour participer à la privatisation, car elle fait partie de SkyTeam et que Austrian est membre de Star alliance.