Entreprise Quand un fauve taillé pour circuit se révèle aussi agréable sur route, le plaisir n’est plus si déraisonnable…

Les trois marques automobiles allemandes de luxe, Audi, BMW et Mercedes-Benz, figurent dans le top 10 des ventes en Belgique. Sur certaines périodes, il est arrivé à BMW de caracoler en tête, devant une concurrence bien plus accessible. Installée à la troisième place depuis le début de l’année, la marque bavaroise s’est fait dépasser par Mercedes en octobre. C’est dire si la compétition est rude dans le haut de gamme. Il n’est cependant plus si original ni distinctif de circuler au volant d’une voiture "premium", tant il y en circule.

Dès lors, comment sortir du rang ? Plus chère et plus sportive, la gamme M est là pour ça. M comme Motorsport, M comme Mmmmm… BMW n’est pas seul à développer le concept de voitures de haut vol extrapolées de la gamme classique : AMG chez Mercedes, RS chez Audi font un boulot similaire.

Même dans ce secteur de niche, il est possible d’aller toujours plus loin, plus près des performances dignes de la compétition : l’actuel coupé M4 a déjà bénéficié d’une version GTS exclusive, toute prête à monter en piste. Mais son comportement radical restreint son utilisation. Pour pallier cet inconvénient, les ingénieurs de BMW ont développé la M4 CS, non plus pour Club Sport, mais pour Competition Sport. Nuance…

D’autant que l’animal affiche des performances à peine inférieures à la GTS. Grâce à la puissance de 460 chevaux et surtout à l’énorme couple de 600 Nm, la voiture atteint les 100 km/h départ arrêté en 3,9 secondes. Restant sous le cap magique des 4 secondes, elle ne rend qu’un dixième à sa grande sœur. C’est dû notamment à la maîtrise du poids de la M4 CS, dont capot et pavillon sont en plastique renforcé de fibre de carbone, gage de légèreté par rapport à l’acier ou l’aluminium.

Et comme cet allégement porte sur la partie haute de la voiture, le centre de gravité descend, ce qui renforce un agrément de conduite exceptionnel. Orienté sport, avec ses ceintures, dossiers, volant et lanières remplaçant les poignées de portes ornées des trois couleurs de la marque M, l’habitable accueille pilote et passagers au nombre de trois sans contorsionnement. Après un rugissement au démarrage, le moteur 3 litres 6 cylindres en ligne doublement turbocompressé ronronne comme un fauve prêt à bondir.

Ce qu’il fait. Au volant recouvert d’alcantara, la sensation est magique. La direction est fabuleuse, et l’on sent qu’elle tient fermement et précisément à suivre les indications du pilote. Basse et bien campée sur ses pneumatiques surdimensionnés, la M4 CS survit aux obstacles urbains à la circulation. Elle reste agréable quel que soit le revêtement, même si elle a une nette préférence pour le velours de l’enrobé drainant.

Une forte pression sur l’accélérateur a des effets fulgurants mais, maniée avec tact, la voiture se laisse conduire en bon père de famille. Pour qui elle est aussi faite : ses quatre places permettent d’aller avec les enfants à Francorchamps, avant que papa ne se lâche sur la piste. Le meilleur des deux mondes, dont le prix de base s’élève à 122 000 euros.Dominique Simonet