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Plombé par de multiples déboires, le constructeur de voitures électriques Tesla était attendu au tournant. Et le poisson d'avril de son CEO Elon Musk, qui annonçait ce dimanche la faillite de la société, n'a pas aidé à remonter la pente.

Tesla avait créé la surprise en 2017, même si assez brièvement, lorsqu'elle avait affiché une capitalisation plus importante que celle de General Motors, d'avril à juillet. Mais 2018 s'annonce moins optimiste. Le cours de l'action ne cesse de dévisser, particulièrement depuis début mars. La capitalisation boursière atteint quant à elle 42 milliards de dollars, de plus en plus loin des 50 milliards de General Motors.


Une plaisanterie qui fait flop

Elon Musk avait donc profité du 1er avril pour plaisanter via Twitter sur la santé financière du groupe Tesla.


Le CEO a aussi publié une photo de lui-même prétendument saoul et endormi avec un écriteau "bankwupt" (ruiné) posé sur sa poitrine en affirmant notamment que "malgré d'intenses efforts pour trouver de l'argent, y compris une tentative désespérée de vente massive d'oeufs de pâques, Tesla a fait totalement faillite et faillite à tel point que vous ne pouvez même pas l'imaginer".

Ce poisson d'avril se veut une réponse aux récentes informations faisant état d'important risques financiers à venir pour le constructeur de voitures électriques, lourdement endetté et qui n'a pas dégagé de bénéfice depuis sa création en 2003. Son dernier modèle, le Model 3 qui doit lui permettre de viser une production de masse, subit des retards de production. Le cours de l'action du groupe à Wall Street a perdu quelque 25% depuis la fin février.


Un rappel de véhicules

Fin mars, Tesla avait aussi dû procéder au rappel de milliers de véhicules de sa gamme Model S. Une annonce qui n'a pas aidé l'entreprise. Dans un mail envoyé à ses clients détenteurs d'un de ces véhicules, le groupe américain a indiqué qu'il allait rappeler de manière volontaire 123.000 véhicules de la gamme Model S fabriqués avant avril 2016.

Tesla avait expliqué à ses clients qu'un phénomène de corrosion excessive avait été observé sur les boulons de direction assistée de ces modèles mais seulement dans les régions aux climats très froids. 

Et une enquête qui n'aide pas, malgré les arguments de Tesla

Tesla fait aussi actuellement l'objet d'une enquête du NTSB, le régulateur des transports américain, à la suite d'un accident mortel impliquant une de ses voitures en Californie le 23 mars.

Le constructeur a indiqué samedi que les premiers éléments de l'enquête font ressortir que le système de pilotage automatique "Autopilot" qui équipe ses voitures était activé au moment de l'accident, mais que le conducteur n'avait pas répondu aux avertissements visuels et sonores qui lui enjoignaient de remettre ses mains sur le volant avant l'accident qui a vu le véhicule s'encastrer dans un séparateur de voies.

"Le conducteur avait reçu plusieurs avertissements visuels et un (avertissement) audible le prévenant qu'il devait maintenir les mains (sur le volant) plus tôt et les mains du conducteur n'ont pas été détectées sur le volant pendant les six secondes ayant précédé la collision", a notamment affirmé Tesla.

Selon les médias américains, le NTSB a fait savoir dimanche qu'il était "mécontent" du fait que Tesla a communiqué certains éléments de l'enquête avant qu'elle ne soit terminée.

Le Washington Post cite notamment un porte-parole du NTSB indiquant que ce dernier travaille actuellement avec Tesla pour décoder le logiciel de bord du véhicule accidenté.

"Lors de chacune de nos enquêtes impliquant une voiture de Tesla, celui-ci a été extrêmement coopératif pour nous aider avec les données du véhicule. Cependant, le NTSB est mécontent de la publication d'informations liées à l'enquête par Tesla".