Entreprise

Quid des bénéfices réalisés en Belgique par l’activité des grands magasins ? Carrefour éponge ses bénéfices avec le demi-milliard d’euros de pertes reportées. Au rythme actuel, sachant que l’an dernier, Carrefour Belgique a réalisé un bénéfice de 66,245 millions d’euros sur un chiffre d’affaires de 4,6 milliards, l’activité belge ne paierait pas un euro d’impôt avant huit bonnes années. Chez Carrefour Belgique, on ne veut pas commenter ces chiffres, qui sont recouverts par le groupe en France. Pour l’analyste financier (Degroof) Ivan Lathouders, "il faut aussi tenir compte du fait que, pour un ensemble de raisons, les activités belges dégagent peu de bénéfices par rapport à la concurrence". Marco Van Hees, en observateur critique des grands groupes économiques et financiers, s’interroge pour sa part sur l’information révélée par nos confrères du "Standaard" à propos de la cession d’une créance d’un milliard d’euros par le centre de coordination de Carrefour à une filiale du groupe, Eastshore Finance, créée le 14 octobre 2009. "Ici, c’est de l’argent de Carrefour Belgique qui est passé d’une société à une autre, étrangement." Chez Carrefour Belgique, on évoque une simple opération technique au sein des filiales gérées par le centre de coordination du groupe (une société sœur de Carrefour Belgique). "Il s’agit d’un montant qui a été apporté auparavant par le groupe à sa filiale belge."

La partie belge du groupe Carrefour bénéficie-t-elle du mécanisme des intérêts notionnels, un système permettant de déduire des intérêts fictifs sur des montants affectés au capital de l’entreprise. "Cette information n’est pas reprise dans les comptes annuels, mais c’est probable, à hauteur théorique de 45 millions d’euros", reprend Marco Van Hees. Et le centre de coordination, sorte de banque interne de l’entreprise qui bénéficie en Belgique d’avantages fiscaux spécifiques ? "Ce centre de coordination n’a payé que 0,008 % d’impôts en 2008 !" explique Marco Van Hees(1), "soit 33 000 euros sur un bénéfice de 381 millions d’euros."

(1)Marco Van Hees est l’auteur d’une série d’ouvrages sur les grosses fortunes et sur les privilégiés fiscaux en Belgique.