Entreprise

La nouvelle est tombée hier soir : le groupe Nestlé va quitter le capital de la société du chocolatier belge de renom, Pierre Marcolini. Après un peu plus de quatre ans de partenariat, les actionnaires actuels de la PME vont reprendre les 29,9 % de participations acquises par Nestlé. Le but officiel : permettre au chocolatier bruxellois de jouer à fond la carte de la qualité avec une étiquette "100 % belge" et, ainsi, pouvoir mieux se vendre à l’international.

"Je préfère ne pas donner les détails de l’opération. A ce stade, le remplacement par un autre investisseur n’est pas prév u, nous a confié Pierre Marcolini (qui reste actionnaire majoritaire). Disons que nous avons trouvé une sorte de "gentleman agreement" avec Nestlé. Nestlé nous a apporté son expertise. Désormais, les chiffres sont repassés dans le vert et nous avons une véritable équipe managériale."

Plus précisément, l’entreprise Marcolini estime avoir bénéficié de l’expérience du géant helvétique dans les domaines du marketing, des ventes et de la production de chocolat. Les méthodes de production artisanales ont été améliorées, des boutiques ont été développées et le chocolatier de prestige a lancé une plate-forme d’e-commerce . "En ce qui concerne le business électronique, précise le maître-chocolatier, Nestlé nous a aidés à mettre au point sa dimension opérationnelle. Comment maîtriser dans ce contexte la chaîne du froid par exemple. Nous avons atteint la rentabilité dans ce segment."

Par ailleurs, la mission confiée par Nestlé à Marcolini a également été menée à bien. A savoir, notamment : le développement d’une gamme de chocolat spécialement associée à la marque Nespresso. Et ce, grâce à la contribution de Pierre Marcolini comme conseiller au "Centre d’excellence du chocolat" de Nestlé. "Je vais continuer à travailler personnellement avec Nestlé comme consultant externe", ajoute-t-il.

Autrement dit, la fin du partenariat en capital avec Nestlé n’est pas liée à l’échec des différents projets. "Vu la réalisation des objectifs du partenariat, le conseil d’administration s’est demandé s’il n’était pas temps de nous recentrer sur la belgitude de notre marque. Notamment afin de continuer à nous développer à l’international." En effet, pas besoin de rappeler ici à quel point la réputation du chocolat belge est excellente au niveau mondial.

Ce retour à la belgitude totale pour mieux conquérir les marchés internationaux va commencer tout près de chez nous : "Nous visons spécialement le marché français, confie encore Pierre Marcolini. Nous avons déjà plusieurs magasins à Paris mais, là-bas, c’est la fosse aux lions pour les chocolatiers. Il faut y être très concurrentiel. Pour le reste, je souhaite continuer à développer notre présence dans les marchés émergents. Normalement, on devrait ouvrir une antenne à Shanghai à la fin de cette année."

Pour continuer à se développer un peu partout dans le monde, Pierre Marcolini mise beaucoup sur l’innovation grâce à des tests en labo. "Par exemple, pour le moment, je suis en train de travailler sur une fève de cacao venue d’Equateur. En lui faisant subir une torréfaction lente de deux heures, on obtient des arômes exceptionnels, fort différents de ceux dégagés par une torréfaction classique."