Mellaerts quitte le cockpit de la Sobelair

Vincent Slits Publié le - Mis à jour le

Entreprise

La Sobelair n'a provisoirement plus d'administrateur délégué. Luc Mellaerts a en effet présenté sa démission au conseil d'administration de la compagnie charter belge. Elle devrait être actée aujourd'hui.

En cause, comme le révélait «Het Nieuwsblad op Zondag», un incident intervenu le mois dernier sur un vol, opéré par la Sobelair, entre une caserne britannique et l'Irak. Il semble en effet que toutes les précautions n'ont, à l'époque, pas été prises pour couvrir de manière optimale le personnel de la compagnie charter lors de ce vol à haut risque. «Une prime d'assurance supplémentaire avait bien été payée pour les passagers, le personnel de bord et la machine. Mais nous nous sommes aperçus après coup qu'une assurance complémentaire pour le personnel n'avait pas été souscrite. Il y a eu une unanimité au sein du conseil d'administration pour estimer qu'il ne s'agissait pas d'une faute grave susceptible d'entraîner le licenciement immédiat du directeur des opérations», nous explique une source proche du dossier. Pour Luc Mellaerts, que nous avons contacté hier, cette négligence aurait dû entraîner des sanctions à l'égard du directeur des opérations, le commandant Jean-Pierre Notte. Ce qui n'a visiblement pas été le cas.

Luc Mellaerts, qui est actionnaire à hauteur de 50 pc dans la Sobelair, précise «partir de son plein gré» mais se dit aujourd'hui un peu «amer» et évoque «des problèmes de management». Restera-t-il administrateur? «Je ne le sais pas à l'heure actuelle. Tout dépendra de savoir si je peux encore apporter quelque chose à la Sobelair», dit-il.

Il est fort probable qu'un petit groupe de personnes au sein de la Sobelair (dont Aldo Vastapane et Dominique de Patoul) décide, pour un temps en tout cas, de reprendre les manches du cockpit en attendant la nomination d'un nouvel administrateur délégué. Nous devrions en savoir plus ce lundi.

Stratégies différentes

Au-delà de cet incident irakien, cela fait plusieurs mois maintenant que Luc Mellaerts et Aldo Vastapane s'opposent sur la stratégie à suivre pour assurer l'avenir de la Sobelair: le premier a toujours défendu l'idée d'un développement en solo alors que le second jouait à fond la carte d'un rapprochement de la compagnie charter belge avec un autre opérateur du secteur, en priorité avec SN Brussels Airlines (SNBA). «Je m'en vais mais sans aucune animosité particulière vis-à-vis de Monsieur Vastapane. Nous avions des points de vue différents. Ce qui ne veut pas dire que notre relation relevait de la dispute permanente», souligne enfin Luc Mellaerts. Alors la Sobelair va-t-elle trouver ce fameux partenaire? «Nous avons trois candidatures à l'étude émanant des gens professionnels et crédibles. Nous trancherons d'ici le 15 octobre», souligne-t-on en coulisses. Une décision rapide s'impose en effet. Car si la Sobelair dégage aujourd'hui un cash-flow satisfaisant, son avenir n'est pas assuré. La compagnie devra trouver 10 millions d'euros en décembre prochain. Faute de quoi, elle sera à court de liquidités. Une somme qui devra venir d'un éventuel partenaire investisseur et dont une partie dépendra de la bonne volonté du curateur de l'ex-Sabena.

© La Libre Belgique 2003

Vincent Slits

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