Entreprise

Si vous étiez un adepte de Menu Next Door, voilà une nouvelle qui vous fera un pincement au coeur. Après trois ans d'existence, l'entreprise a mis la clé sous la porte.

"Menu Next Door considérait la nourriture comme un élément qui constitue un lien essentiel entre les gens. (...) Nous souhaitions insuffler une vision d'une alimentation saine et conviviale dans un cadre bienveillant. (...) Malgré des changements stratégiques afin de rendre Menu Next Door économiquement viable, notre start-up ne connait pas aujourd'hui de rentabilité suffisante et doit donc tirer sa révérence", a annoncé l'équipe via un communiqué de presse.

La start-up belge se distinguait par un concept novateur qui permettait aux habitants de Bruxelles et du Brabant Wallon de commander des menus concoctés par leur voisinage. Une simple recherche en fonction de la localisation géographique permettait aux clients de trouver un "chef" vivant à proximité de chez eux chez qui commander un menu. Une fois la commande passée, le client devait venir chercher ses plats chez le cuisinier du jour à l'heure convenue. Une occasion de faire de nouvelles rencontres et de partager une discussion conviviale autour de la nourriture.

Menu Next Door incarnait, comme se plaisait à répéter le fondateur Nicolas Van Rymenant, un "pied de nez à l'individualisme et à l'anonymat urbain" ainsi qu'"une nouvelle manière de consommer basée sur des produits frais achetés le jour-même."

Premier bras de fer, avec l'AFSCA

Alors que l'entreprise avait le vent en poupe depuis sa création en 2015, l'intervention de l'AFSCA avait beaucoup fait parler. 

Alertée par des plaintes de consommateurs, l'AFSCA (agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) avait en effet mené des contrôles à l'improviste courant 2016 chez des cuisiniers amateurs. Nicolas Van Rymenant s'en était offusqué dans une lettre épicée où il avait accusé l'agence fédérale de vouloir nuire à son business. Il reprochait entre autres aux contrôleurs de l'ASFCA d'avoir réprimandés des cuisiniers de Menu Next Door parce qu'ils n'avaient pas affichés les règles d'hygiène dans leur propre cuisine.

Une bisbrouille qui avait pris fin lorsque l'AFSCA avait répondu, également via une publication, qu'aucun manquement à l'hygiène n'avait été constaté mais qu'il était nécessaire "que les établissements qui produisent, transforment ou procurent des denrées alimentaires au consommateur soient identifiés et identifiables".

Un engouement qui s'est essoufflé 

Un an à peine après son lancement, la plateforme comptait 55.000 clients dont 600 cuisiniers occasionnels ou réguliers à Bruxelles. Fort de son succès, Menu Next Door avait décidé de s'implanter dans le Brabant wallon, Paris et même Londres.

En mai 2016, Nicolas Van Rymenant réussissait une étonnante première levée de fonds d’1,75 million d’euros auprès, notamment, de deux gros fonds de capital à risque étrangers (Index Ventures et Kima Ventures). En octobre, de façon bien plus discrète, Menu Next Door remettait le couvert en levant 2,5 millions d’euros auprès du fonds américain Insight Ventures. Du lourd.

Malheureusement, le concept n'a pas eu le succès escompté à Paris et Londres. 

En septembre 2017, le fondateur prenait donc la décision de se recentrer sur Bruxelles et quelques communes du Brabant wallon et de monétiser sa plateforme.

Une tentative de remettre le bateau à flot qui n'aura donc pas porté ses fruits et conduit à la décision que l'on connait aujourd'hui.