Entreprise

Depuis près de trois ans déjà, Carl Mestdagh, le bras immobilier de la famille du même nom, planche sur la mise en sicafi du patrimoine du groupe, d'une valeur de quelque 90 millions d'euros, dont 40 pc représentent celle des magasins occupés par l'enseigne Champion.

Un patrimoine coquet, mais néanmoins insuffisant, tant en termes de taille que de diversité de locataires, pour devenir une sicafi digne de ce nom. L'objectif des 150 à 200 millions d'euros de capitalisation boursière est donc visé. Début 2005, un appel généralisé est lancé discrètement aux propriétaires de commerces en tous genres, surtout ceux situés en périphérie afin de donner à la future sicafi une connotation très précise.

Parallèlement, le courtier Jones Lang LaSalle (JLL) est choisi pour expertiser les biens de la sicafi. Il ira bien au-delà de cette mission puisque c'est le même JLL qui, fin juin, a assisté le mariage du groupe Mestdagh avec un partenaire de taille: Fortis Real Estate.

Laconique

Le communiqué qui annonce l'union est plus que succinct: juste de quoi éviter les fuites sans mettre la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) dans l'embarras. «Fin juin 2006, le groupe Mest- dagh et Fortis Real Estate ont conclu un accord de partenariat en vue de constituer une nouvelle sicafi dont la politique d'investissement serait principalement centrée sur le domaine du «retail». Ce projet, initié par Carl Mestdagh, se poursuivra désormais sous le parrainage conjoint du groupe Mestdagh et de Fortis Real Estate qui a été retenu sur base de son expérience dans le domaine du montage et de l'organisation de la gestion de sicafi.» Ensemble, ils contribueront «pour plus de 120 millions d'euros d'actifs immobiliers au patrimoine de cette future sicafi dont l'introduction en Bourse devrait avoir lieu avant la fin 2006 (NdlR: à l'origine, elle était prévue en avril-mai de cette année). Des contacts sont en cours en vue de la signature de conventions d'adhésion avec plusieurs autres apporteurs».

Ainsi, Fortis Real Estate va piocher dans son portefeuille commercial qui compte 28 biens (centres commerciaux ou magasins, soit 229 000 m2 au total) de quoi sustenter la sicafi à concurrence d'une trentaine de millions d'euros. Que prendra-t-il? Certainement pas son fleuron qu'est City 2 (Bruxelles). Ni, sans doute, les commerces du complexe Wiltcher's, dans l'enceinte de l'hôtel Conrad (Bruxelles). Pas plus que ces magasins de centre-ville que le groupe possède dans plusieurs rues commerçantes du pays. «Principalement, ce sont des supermarchés que nous apporterons à la sicafi», confirme la porte-parole de Fortis Real Estate.

© La Libre Belgique 2006