Entreprise

Innover, encore et toujours. Innover, plus que jamais. C’est le cas dans tous les secteurs économiques. Ce l’est encore plus, peut-être, dans le secteur pharmaceutique.

Dans ce domaine, la Belgique n’a vraiment pas à rougir. "La Belgique est le pays de l’Union européenne où le niveau d’investissement par habitant est le plus élevé", souligne Roch Doliveux, le CEO d’UCB, qui assure actuellement la présidence du groupe HST. Ce groupe réunit quatre entreprises pharmaceutiques installées en Belgique - UCB, GSK, Janssen et Pfizer - soucieuses de préserver et de stimuler les investissements de recherche et de développement en Belgique.

Les efforts ont certes été nombreux afin de favoriser la recherche et le développement. "Il existe un cadre de travail fiscal qui favorise l’innovation", souligne Roch Doliveux. Les chercheurs, par exemple, bénéficient de réductions de précompte.

En ces temps difficiles pour les finances publiques, le secteur veut s’assurer que l’on ne change pas les règles du jeu. "Il ne faut pas prendre de mesures destinées à réduire le déficit public qui impactent sur l’un des bijoux de la couronne", plaide Roch Doliveux.

Le secteur pharmaceutique, en effet, est un acteur majeur sur l’échiquier économique belge. C’est environ 29 000 emplois et quelque 800 millions d’euros payés en charges sociales. UCB, par exemple, investit à coup de centaines de millions en Belgique dans ses activités Recherche et ses dépenses Développement. "Le mécidament rapporte plus qu’il ne coûte à l’Etat. Nous investissons 250 millions d’euros en Belgique et l’Inami dépense pour sa part 40 millions d’euros en remboursements de médicaments commercialisés par nos soins", explique le patron d’UCB. Il est donc essentiel de ne pas casser la machine.

Tout n’est toutefois pas rose dans le paysage pharmaceutique belge. " Le point noir de la Belgique; c’est qu’elle ne récompense pas suffisamment l’innovation", assure Roch Doliveux. "Le paradoxe de la Belgique, c’est que nous avons les prix les plus faibles pour les produits innovants et les prix les plus élevés pour les génériques. Nous sommes favorables à une politique où le prix des médicaments qui ne sont plus sous brevet seraient scotchés aux médicaments génériques. Cela permettrait à la sécurité sociale d’économiser de l’argent. Une partie de ce gain devrait aller dans les caisses de la sécurité sociale et l’autre à stimuler l’innovation. D’autres pays l’ont fait." Le "deal" permettrait aux entreprises proposant de nouvelles molécules de gagner plus d’argent sur les produits innovants et à la sécurité sociale d’y trouver son compte. Les médicaments dits "bon marché" (génériques et originaux dont le brevet est arrivé à échéance) représentent des dépenses d’un milliard d’euros (sur un total de 4 milliards). Surtout, ce serait un solide encouragement à l’innovation.

Une innovation qui sera l’un des thèmes abordés aujourd’hui à Bruxelles lors d’une conférence organisée précisément par HST sur "Les soins de santé pour l’Europe au 21e siècle".