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La décision n'a pas manqué de surprendre. MSN, le célébrissime portail Internet de Microsoft, fermera ses «chat rooms» le 14 octobre prochain partout en Europe. Comme nous le signalions mardi dans ces colonnes, la fermeture de la plate-forme «MSN Chat» privera quelque 350000 utilisateurs belges de ce moyen de se réunir par clavier interposé pour discuter de thématiques diverses. Ces endroits de convivialité où des groupes de surfeurs ont l'habitude de se retrouver ne sera plus disponible, par souscription uniquement, qu'aux Etats-Unis, au Canada et au Japon.

Cette décision s'inscrit dans le cadre du projet «Trustworthy computing» lancé par Bill Gates en janvier 2002, par lequel le président de Microsoft entend appuyer son groupe sur les piliers de la sécurité, du respect de la vie privée, de la fiabilité, et de l'intégrité en affaires.

«Nous pensons que ce service, ouvert à tous, n'offre plus les garanties de l'expérience sécurisée que nous voulons offrir à nos utilisateurs, regrette Marc Bresseel, directeur de MSN Belgique. Ces derniers temps, les usages inappropriés de MSN Chat, qu'il s'agisse de messages commerciaux non sollicités (spams) ou à caractère pornographique, sont devenus tellement importants qu'ils demandent trop d'énergie et de moyens pour les contrer. Or, nous voulons absolument protéger nos utilisateurs, et en particulier les plus jeunes contre ces contenus.»

La difficulté de contrôler les plates-formes de «chat» réside précisément dans... l'absence de contrôle. L'accès aux salles de conversation virtuelles est absolument libre et des plus simple. Il suffit de s'inscrire à l'accueil, souvent sous couvert d'un pseudonyme, de s'insérer dans la conversation, et éventuellement... de dispenser n'importe quel type d'information. L'option du modérateur, qui gère la discussion et qui peut exclure l'un des participants, n'est pas automatique comme sur d'autres services.

Quant aux protections, elles ont le mérite d'exister. MSN met régulièrement en place des filtres afin de bloquer les usages abusifs de son service de «chat». «Mais les filtres développés sont systématiquement déjoués quinze jours ou trois semaines après leur mise en place. C'est un cercle vicieux», avoue Marc Bresseel.

Pour MSN, dont l'étoffement du portail - la version 9, à lancer en avril prochain - passe également par son élagage, cette fermeture pure et simple s'imposait, d'autant que ce service est considéré comme secondaire (ou plus exactement hors «core business») par rapport à d'autres services disponibles via le portail, comme par exemple MSN Messenger, la messagerie instantanée et son million et demi d'utilisateurs réguliers. Une plate-forme où les «chatteurs» déçus pourront trouver un réconfort bien provisoire, dans la mesure où cette dernière application pourrait un jour devenir payante...

© La Libre Belgique 2003