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Le fabricant de câbles Nexans a annoncé vendredi un "plan de transformation" comportant de nouveaux objectifs à horizon 2021, qui mettra davantage l'accent sur la création de valeur que sur l'augmentation des volumes, après avoir abaissé sa prévision de rentabilité pour 2018.

Le groupe a revu son objectif d'excédent brut d'exploitation (Ebitda) pour 2018, désormais attendu à 325 millions d'euros, contre 350 millions attendus auparavant.

La publication a été sanctionnée à la Bourse de Paris: vers 10h15, l'action Nexans plongeait de 13,81% à 23,10 euros, dans un marché en baisse de 0,76%.

Le nouveau plan sur la période 2018-2021 fait suite à une "déception assez forte de notre exercice 2018", a déclaré le directeur général Christopher Guérin, lors d'une conférence téléphonique.

L'année 2018 a été marquée par des difficultés importantes dans l'activité de haute tension terrestre, des reports de projets et une forte hausse du coût des matières premières.

Dès l'été, le groupe avait fait savoir qu'il préparait des mesures de relance pour améliorer sa rentabilité.

© Alexis Haulot

Le plan présenté vendredi, en même temps que les résultats du troisième trimestre, vise une "transformation profonde" de Nexans. A l'ordre du jour, le développement de nouveaux services et modules à plus forte valeur ajoutée, et surtout un travail d'amélioration sur tous les segments où la création de valeur est insuffisante.

De nouveaux objectifs sont fixés à l'horizon 2021: un Ebitda de 500 millions d'euros contre 325 millions attendus en 2018, et un rendement des capitaux employés (ROCE) de 15,5%, en hausse de sept points. Le précédent plan, annoncé en décembre dernier, s'étendait jusqu'en 2022.

L'accent sera mis sur "l'accroissement de la valeur" davantage que sur "l'augmentation des volumes".

Le groupe a mené depuis l'été une vaste revue portant sur 170 de ses activités, d'où il est ressorti que la moitié du chiffre d'affaires est "parfaitement aligné avec ses engagements (...) très résilient et très robuste", a expliqué le directeur général.

Cette partie du groupe va maintenir son objectif de croissance, soutenu par 400 millions d'euros d'investissements, ce qui devrait générer 50 millions d'euros d'Ebitda supplémentaire d'ici à 2021.

Mais il reste une moitié des activités à redresser. M. Guérin a cité les zones géographiques Amérique du Nord et du Sud, Asie, et le pôle Haute tension terrestre.

Le groupe va mettre en oeuvre dans ces secteurs un programme combinant une réduction de coûts de l'ordre de 210 millions d'euros, qui sera détaillée au premier semestre 2019, et une amélioration de la rentabilité opérationnelle de 100 millions d'euros sur l'Ebitda, en reprenant le modèle de ce qui a déjà été fait pour la région Europe.

© Alexis Haulot

Carnet de commandes

A plus long terme, Nexans veut continuer à accompagner les grandes tendances qui animent l'économie mondiale: expansion démographique, urbanisation, croissance des énergies renouvelables et de la mobilité.

Le groupe a parallèlement annoncé vendredi une hausse de ses ventes de 4,5% au troisième trimestre, à 1,61 milliard d'euros.

La croissance organique (à cours des métaux constants) ressort à 1,9% avec un chiffre d'affaires de 1,11 milliard d'euros. Hors activité de Haute tension et Projets, le chiffre d'affaires progresse même de 6,1%.

"Malgré une croissance organique (...) assez dynamique, cette hausse de volume ne se reflète pas dans nos marges", a commenté Christopher Guérin. Il a notamment relevé la difficulté à faire passer des hausses de prix à la même vitesse que l'inflation des matières premières.

Les activités de Haute tension et Projets ont baissé de 16% sur le trimestre, avec un fort recul de 23% en organique pour la Haute tension terrestre.

L'activité dans ce domaine a été "plus basse qu'attendu", a reconnu le directeur financier Nicolas Badré. Les espoirs ont aussi été un peu déçus dans les câbles pour les télécoms et la moyenne tension, mais les câbles pour le bâtiment ont connu une "accélération assez marquée", a-t-il dit.

Nexans table sur une marge en "amélioration assez sensible" au deuxième semestre par rapport au premier, a dit M. Badré. Les carnets de commandes en Haute tension sous-marine se sont remplis, à plus d'un milliard d'euros prévus en fin d'année.

Interrogé sur de possibles acquisitions, Christopher Guérin a dit être "toujours à l'écoute du marché". Mais il a indiqué que le groupe n'était pas "pour l'instant" en capacité de mener à bien l'intégration d'une autre entreprise .