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Le ministre de l’Agenda numérique, Alexander De Croo (Open VLD), doit faire connaître après les vacances de Pâques son plan de numérisation de l’économie belge. Mais le patronat a devancé le ministre en présentant ses dix priorités pour numériser notre économie.

Selon Pieter Timmermans, le patron de la Fédération des entreprises de Belgique, il est temps que le monde politique prenne les choses en mains. "Une étude américaine montre que la Belgique a basculé dans le deuxième groupe mondial au niveau de la numérisation , regrette le patron de la FEB. Nous avons connu un bon niveau de développement dans le passé mais nous risquons maintenant de manquer le train du numérique."

Et selon Pieter Timmermans, un retard au niveau de l’économie numérique pourrait faire perdre 10 milliards d’euros de PIB à l’horizon 2020. Pour éviter cet écueil, la FEB a donc proposé dix points à améliorer.

En tête de liste, il y a la qualité des infrastructures télécoms. Car il s’agirait de l’un des principaux critères étudiés par les investisseurs avant de choisir une destination. Selon la FEB, l’objectif établi par la Commission européenne au niveau des réseaux fixes n’est pas suffisant. Pour le patronat, une vitesse de 1GB/seconde serait nécessaire pour couvrir la hausse de l’utilisation de la banque passante. Combien cela coûterait-il ?

"Nous ne demandons pas d’argent , répond Pieter Timmermans. Les opérateurs télécoms ont plutôt besoin d’un cadre attractif pour investir dans leurs réseaux." La FEB épingle notamment la taxe sur les pylônes ou le délai de 400 jours en moyenne pour obtenir les différents permis.

La FEB regrette également que l’accès aux réseaux mobiles reste faible en Belgique. Elle réclame aussi un "level playing field" entre tous les acteurs du secteur.

"Eliminer la concurrence déloyale"

Aujourd’hui, 42 % des achats en ligne seraient effectués via des plateformes étrangères. Selon la FEB, il faut éliminer la concurrence déloyale des acteurs étrangers. Comment faire ? "En flexibilisant les heures de travail , répond Pieter Timmermans. Si vous commandez un livre à l’étranger, vous êtes presque certain de le recevoir le dimanche matin. En Belgique, on ne peut pas livrer le dimanche. Il faut aussi diminuer les charges pour être plus compétitif au niveau des prix."

L’organisation patronale réclame davantage de contrôles au niveau du taux de TVA appliqué sur les produits vendus en Belgique via Internet. "Il y a peu de contrôles" , regrette Edward Roosens, le chef économiste de la FEB. Or, la TVA est de 17 % au Luxembourg ou de 19 % en Allemagne.

L’instauration d’une adresse mail officielle par entreprise est aussi réclamée. Cette adresse électronique serait utilisée pour numériser les contacts avec l’administration. En outre, la FEB aimerait que les autorités développent la signature électronique sur smartphones et tablettes. "Cela permettrait aux intérimaires de signer leurs contrats à distance" , explique Pieter Timmermans.

Pour tout cela, des adaptations juridiques seraient certainement nécessaires. Selon la FEB, certains services publics contestent l’équivalence des signatures électronique et manuscrite.