Entreprise

Les chiffres de la Banque nationale arrivent un peu trop tard pour Guy Verhofstadt. Mais la nouvelle est tout de même bonne à prendre : en quatre ans, la Belgique a bien créé les 200 000 emplois promis. "Après 53 000 nouveaux emplois en 2006, le chiffre passe à 70 000 cette année, ce qui dépasse nos prévisions", a indiqué Guy Quaden. Le gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB) s'est exprimé cette semaine à Bruxelles lors de la présentation des prévisions de l'institution pour les prochains mois. Si l'on ajoute aux emplois créés en 2007 les 79 000 embauches de 2004 et 2005, on obtient 202 000 emplois, ce qui dépasse l'objectif du gouvernement Verhofstadt II.

"C'est le secteur privé qui a créé la majorité de ces postes", a ajouté Guy Quaden, à savoir 56 000 emplois. Les chèques-services ont produit l'équivalent de 15 000 postes, ce qui porte à 23 000 le nombre d'emplois créés par ce biais depuis le lancement de la mesure. En 2008, la BNB prévoit 45 000 nouvelles embauches, un chiffre plus faible qui s'explique par le ralentissement attendu de la croissance économique belge.

A cet égard, "la situation n'est pas tellement dramatique", a souligné le gouverneur de la Banque nationale. Ses prévisions font état d'une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 2,6 pc cette année, puis de 1,9 pc en 2008. Lors des dernières projections de la BNB, en juin, ces chiffres étaient respectivement de 2,5 et 2,2 pc. "Ces données sont chaque fois le milieu d'une fourchette d'estimations, insiste Guy Quaden. Les modifications ne sont donc pas dramatiques."

Conséquence de la création d'emploi, le taux de chômage devrait passer à 7,7 pc cette année, contre 8,3 pc en 2006. Il reculerait à 7,3 pc l'an prochain. Quant au revenu disponible hors inflation et après impôt, il continuera à croître, de 2,4 pc en 2007 et de 1,5 pc en 2008, selon la BNB. "L'explication, c'est la croissance de l'emploi, a commenté le gouverneur. Plus de Belges sont au travail, ce qui gonfle les revenus. La meilleure façon de préserver le pouvoir d'achat, c'est d'améliorer les chiffres de l'emploi."

Un problème : l'inflation

La mauvaise nouvelle concerne l'inflation. Elle resterait modérée cette année, à 1,8 pc, mais grimperait à 2,9 pc l'an prochain. "Il ne faut pas dramatiser ce problème mais il ne faut pas le nier", a reconnu Guy Quaden. "Il y a eu une forte accélération de l'inflation entre septembre et novembre à cause de l'augmentation des prix pétroliers et alimentaires. Des produits de consommation quotidienne sont donc touchés, ce qui augmente l'écart entre l'inflation réelle et l'inflation perçue. De plus, le revenu disponible a augmenté. En outre, les travailleurs belges bénéficient d'un mécanisme d'indexation, ce qui n'existe nulle part ailleurs en Europe, le Luxembourg excepté. Enfin, la hausse des prix est due partiellement à des facteurs temporaires. La Banque centrale européenne prévoit une baisse de l'inflation en 2009." Enfin, la BNB anticipe, avec regret, un déficit budgétaire public de 0,1 pc du PIB en Belgique cette année. Il grimperait à 0,3 pc en 2008.

© La Libre Belgique 2007