Entreprise Des noms de société offshore ou de particuliers ayant des comptes dans des paradis fiscaux circulent de temps à autre. Mais une fuite aussi spectaculaire que celle de ce jeudi, c'est du jamais vu. Les données informatiques issues de dizaines de milliers de sociétés offshore des îles vierges britanniques, des îles Cook et d'autres hauts lieux de l'évasion fiscale sont actuellement entre les mains des médias de l'International Consortium of Investigative Journalists. Quelle retombée peut-on en attendre ?

"Cela peut faire des dégâts si la justice et la police décident de prendre à bras le corps ces informations", souligne, auprès de Twizz Radio, Eric Vernier. D'après ce chercheur associé à l'Iris et spécialiste du blanchiment de capitaux, cette affaire change la donne car des noms sont cités. "C'est tout à fait différent parce que, habituellement, très peu d'informations nous parviennent depuis des pays comme les iles Caïmans, les Bermudes ou les iles Cook. Ces pays sont totalement fermés aux commissions rogatoires internationales, notamment", précise M. Vernier.

C'est à ce niveau que réside le principal problème pour lutter contre la fraude à grande échelle. Mais il n'est pas le seul. Les moyens dégagés pour investiguer en sont un autre. A cela, s'ajoutent les tractations qui peuvent avoir lieu au niveau international, comme le précise Eric Vernier : "dans certaines institutions comme l'ONU, ces pays disposent de voix. Ils disent alors 'laissez-nous tranquilles dans notre paradis et nous voterons comme vous le désirez'. C'est du donnant-donnant. Finalement, le dernier problème est que de nombreux gouvernants à travers le monde préfèrent qu'on ne fouille pas trop dans ces affaires et ces comptes par crainte de trouver des noms d'élites politiques".