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Le géant japonais de l’appareil photo numérique Olympus a annoncé mercredi un plan de restructuration draconien prévoyant 4.000 suppressions d’emplois, soit 13% de ses effectifs, dans l’espoir de relever la tête sur un marché ultra-concurrentiel où les prix fondent à vue d’oeil.

Lundi, Olympus avait annoncé la première perte nette de son histoire, 11,8 milliards de yens (88 M EUR), pour son exercice 2004-2005. Il avait expliqué cette contre-performance par les mauvais résultats de sa division photo numérique, reconnaissant ne pas avoir su saisir la tendance du marché mondial.

Selon Olympus, la concurrence féroce entre fabricants a entraîné une chute de 18% des prix des appareils photo numériques l’an dernier. La division «image » du groupe a vu son chiffre d’affaires fléchir de 6,4%. Les ventes ont stagné à l’étranger et se sont effondrées de 39,8% au Japon.

Les 4.000 emplois seront principalement supprimés dans les deux usines exploitées par Olympus en Chine, mais aussi par le biais de départs à la retraite anticipée au Japon, a déclaré à l’AFP un porte-parole d’Olympus. Les effectifs du groupe passeront ainsi à 26.000 contre 30.000 actuellement.

«En supprimant ces emplois nous voulons améliorer notre rentabilité », a expliqué le porte-parole d’Olympus, ajoutant que le plan de restructuration visait des réductions de coûts de 13 milliards de yens (96,7 M EUR) pour l’exercice 2005-2006 qui s’achèvera le 31 mars.

Olympus, numéro trois mondial de l’appareil photo numérique derrière Canon et Sony, prévoit de revenir dans le vert en 2005-2006 avec un bénéfice net d’environ 23 milliards de yens et des ventes en forte progression.

Outre les restructurations, le groupe prévoit de développer sa division d’imagerie médicale (endoscopes, etc.) pour l’instant en bonne santé, et de lancer cette année deux nouveaux modèles d’appareils reflex haut de gamme, en espérant que cela compensera la saturation du marché du bas de gamme.

Mais la bagarre s’annonce également sans merci sur le terrain des appareils de haute qualité, puisque tous les concurrents d’Olympus s’y sont lancés aussi.

Les analystes restent donc sceptiques face à ce plan de bataille.

«La stratégie d’Olympus pour faire face aux problèmes de sa division appareils photo numériques en difficulté est peu claire », juge Hidekatsu Watanabe, de Mizuho Securities, dans une note adressée mercredi à ses clients, tout en exprimant également ses «doutes sur la capacité (d’Olympus) à regagner la confiance des investisseurs ».

«L’entreprise a le besoin urgent d’inverser la tendance dans sa division image, qui consomme l’argent généré par la division endoscopes », estime pour sa part Hisashi Moriyama, de JP Morgan, dans une note datée de mardi.

«Etant donné qu’Olympus fabrique principalement des appareils compact, qui sont le segment le plus vivement disputé du marché, nous pensons qu’il finira par perdre la guerre d’usure qui l’oppose aux autres fabricants s’il s’en tient aux mêmes vieilles stratégies (production en Chine, réduction du nombre de modèles offerts, etc.) », ajoute M. Moriyama.

Le marché est loin d’être saturé, puisque selon l’Association des fabricants d’appareils photo et d’équipements d’imagerie du Japon, les exportations d’appareils numériques devraient progresser de 20,8% à 72,2 millions d’unités en 2005. Sur le marché intérieur japonais, la progression des ventes devrait cependant être bien moindre (+1,8% seulement) à 8,7 millions d’unités.