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Des collaborateurs d'Oxfam auraient également payé des prostituées lors de soirées au Tchad, rapporte dimanche The Observer, la version dominicale du journal The Guardian.

L'information surgit seulement deux jours après la révélation de faits semblables en Haïti. Les événements du Tchad se sont déroulés il y a plus de dix ans, lorsque le Belge Roland Van Hauwermeiren dirigeait les opérations de l'ONG dans ce pays d'Afrique centrale. "Des femmes que nous pensions être des prostituées ont été invitées à maintes reprises au quartier général d'Oxfam", selon les confidences d'un collaborateur au journal britannique. Un responsable a été licencié en 2006, selon un ancien employé. "Ils invitaient des femmes pour les fêtes. Nous savions qu'elles n'étaient pas juste des amies."

Toujours selon la même source, l'organisation fait un fantastique travail mais il s'agit d'"un problème que l'on retrouve dans l'ensemble du secteur".

Devenu ensuite responsable d'Oxfam à Haïti, Roland van Hauwermeiren, était employé par l'antenne britannique, avait précisé vendredi Stefaan Declercq, secrétaire général de la branche belge d'Oxfam-Solidarité. "Je ne veux pas me cacher derrière le fait que ces personnes n'appartenaient pas à la branche belge de l'ONG." En 2011, Roland Van Hauwermeiren avait démissionné après avoir reconnu avoir engagé des prostituées dans sa villa à Haïti.


Oxfam-Solidarité rappelle que des mesures internes ont été prises

Après les révélations faites vendredi et dimanche concernant des collaborateurs qui auraient invité des prostituées lors de leur mission, Oxfam-Solidarité s'est dit, dimanche, indignée et consternée. L'organisation parle de "pratiques inacceptables de la part d'employés de la branche britannique d'Oxfam" et rappelle, par la même occasion, que des mesures ont été prises en interne pour prévenir ce type de comportements indécents. 

L'ONG ne confirme toutefois pas encore les événements qui se sont produits au Tchad. "Nous sommes profondément choqués et consternés par les dernières révélations du Tchad. Bien que nous ne puissions pas corroborer l'information pour le moment, cela met à nouveau en évidence le comportement inacceptable d'un petit nombre de personnes et la nécessité d'adopter une approche sectorielle pour s'attaquer au problème. Nous voulons aussi engager des discussions au sein du secteur humanitaire et de la coopération internationale au sens large pour mettre en place des mécanismes efficaces d'échanges d'informations au sujet de membres du personnel ayant été impliqués dans des affaires de ce type", a souligné Stefaan Declercq, secrétaire général d'Oxfam-Solidarité.

Après Haïti, des mesures ont été prises, précise l'ONG: "mise en place d'un comité de protection avec des personnes de confiance, d'un numéro d'appel pour dénoncer ce type d'abus et programmes de sensibilisation en interne tant sur la prévention que sur la manière de traiter les plaintes. (...) L'accompagnement des victimes est aussi au centre de ces nouvelles mesures."