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Le président russe Vladimir Poutine a gagné 8,9 millions de roubles (118.200 euros) en 2015 selon sa déclaration de revenus rendue publique vendredi, près de deux semaines après des révélations accusant ses proches d'avoir fait sortir deux milliards de dollars de Russie. Selon sa déclaration annuelle de revenus, le président russe a gagné 8,9 millions de roubles l'an passé, soit 1,3 million de roubles de plus qu'en 2014. Il possède toujours un appartement de 77 mètres carrés, un garage, trois voitures datant de l'époque soviétique et une caravane.

La publication de la déclaration de revenus de Vladimir Poutine intervient deux semaines après le début du scandale des "Panama Papers".

Selon le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), des proches de Poutine et en premier lieu le violoncelliste Sergueï Roldouguine, ont dissimulé à l'étranger jusqu'à deux milliards de dollars (1,75 md euros) dans des banques et des sociétés secrètes.

Sergueï Roldouguine détient en outre des firmes offshore liées à des sociétés d'Etat russes, d'après le consortium.

Vladimir Poutine a nié toute corruption, affirmant que Sergueï Roldouguine a "dépensé tout l'argent qu'il a gagné pour acheter des instruments de musique", en particulier deux violons et deux violoncelles, des "objets uniques".

Il a toutefois reconnu jeudi, dans sa séance annuelle de questions-réponses avec les Russes à la télévision, que les informations des "Panama Papers" étaient vraies mais assuré qu'elles ne révélaient rien d'illégal et accusé les États-Unis de se trouver derrière ces "provocations".


Enquête contre la banque allemande Berenberg

Le parquet allemand de Cologne et les services fiscaux enquêtent suite aux révélations des Panama Papers contre des cadres dirigeants de la banque Berenberg pour avoir aidé des clients à frauder le fisc, rapporte l'hebdomadaire Der Spiegel.

L'enquête aurait été lancée cette semaine, affirme l'hebdomadaire dans son édition de samedi, selon un extrait publié vendredi. Elle concerne "des responsables de la banque en Allemagne, en Suisse et au Luxembourg".

Le patron de la banque Hans-Walter Peters est également "dans le viseur" des enquêteurs, écrit Der Spiegel.

Contacté par l'AFP, un porte-parole de Berenberg a toutefois déclaré dans une réponse transmise par courriel que la banque était en contact avec le parquet et qu'il n'y avait "pas d'enquête judiciaire à l'encontre" de M. Peters.

Le parquet n'était quant à lui pas joignable pour commenter ces informations.

M. Peters a pris en début de semaine la présidence de la puissante fédération des banques privées allemandes. Il succède à Jürgen Fitschen, patron de Deutsche Bank encore pour quelques mois, actuellement jugé à Munich, avec d'autres, dans une vieille affaire concernant Deutsche Bank.

Le nom de Berenberg, banque privée plusieurs fois centenaire basée à Hambourg, apparaît de manière répétée dans les Panama Papers, révélations orchestrées par une centaine de médias sur des comptes offshore et mécanismes financiers douteux impliquant une série de personnalités et entreprises mondiales.

La banque a dès la semaine dernière reconnu gérer des comptes pour des sociétés offshore, "comme beaucoup d'autres", mais a indiqué le faire "conformément aux règles légales".