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La tortue Batibouw approche de la ligne de départ. L’ouverture du salon au grand public est prévue le samedi 3 mars. Tous ceux qui, de près ou de loin, touchent à la construction et à l’immobilier, fourbissent leurs armes. L’une d’entre elles ? Les bilans. L’Union professionnelle du crédit (UPC) a sorti le sien mardi, sur le marché hypothécaire (LLB du 08/02). Les notaires sortiront les leurs la semaine prochaine, sur le marché immobilier. BNP Paribas Fortis s’est lancée hier dans un doublé : marchés immobiliers et hypothécaires. Où ce n’est qu’entre les lignes que la réalité de la crise économique se signale.

1Les prix ont continué à grimper. Ceux des maisons d’habitation ont augmenté, en un an, de 3,65 %. Ceux des appartements ont pris 1,89 %, en deçà donc de l’inflation. Des hausses incompréhensibles au regard des autres indicateurs économiques (faillites, confiance des consommateurs ). Comme si, en Belgique, rien ne pouvait ébranler la brique. En 2011, les amateurs se sont plus servis sur le marché des maisons et appartements construits (36 % des crédits) que sur le neuf (11 %). Sauf soubresaut inattendu, il en sera de même en 2012 : le nombre de permis de bâtir est en effet à son plus bas niveau depuis neuf ans. A noter qu’en 2011, les prix des terrains à bâtir ont... reculé de 1,5 %. Une première !

2Toujours plus d’emprunteurs. 2011 est une année record à ce titre. Les taux d’intérêt hypothécaires, dont on prédisait une hausse fin 2009, sont restés bas, voire ont baissé. Les amateurs ont réussi à emprunter plus pour une même mensualité. Ce qui explique, en partie, l’étonnante hausse des prix de l’immobilier, l’autre explication tenant à l’allongement de la durée de l’emprunt : en 2005, 5 % des clients de BNP Paribas Fortis avaient opté pour des durées supérieures ou égales à 25 ans ; en 2011, ils étaient 20 %. Mais si les emprunteurs se sont jetés en masse sur le crédit logement, c’est essentiellement dans un but de rénovation (40 % des crédits) et pour profiter des avantages fiscaux liés aux travaux "verts" du type installations fonctionnant à l’énergie solaire et vitrages à haute performance. Avec un pic en novembre et décembre, après l’annonce de la fin desdits avantages. Durant ces deux derniers mois de l’année, BNP Paribas Fortis a réalisé près de 40 % de ses crédits verts + de l’année.

3Mais des emprunteurs qui empruntent moins. Le montant moyen emprunté chez BNP Paribas Fortis est passé de 114 000€ en 2010 à 111 000€ en 2011. Un recul qui s’explique, bien sûr, par la part importante des prêts de rénovation dont le montant est plus faible, mais aussi parce que les emprunteurs sont moins gourmands (à moins que ce ne soit parce que les banques sont moins prêteuses ). En rénovation, la moyenne est passée, en un an, de 38 000 à 35 000€. En construction, elle est passée de 127 000 à 117 000€. Seul le montant emprunté pour un achat est resté stable à 141 000€.

4Plus de fonds propres. L’étude ne dit pas où les candidats acquéreurs ont trouvé le coup de pouce nécessaire à séduire la banque (comptes épargne peu rentables, parents généreux ). Toujours est-il que, même face à des prix moyens en hausse, la quotité empruntée est faible, 72,6 %, en recul de 0,8 % par rapport à 2010.

5Moins de refinancements et pas plus de difficultés de remboursement. Chez BNP Paribas Fortis, il y a eu 25 % de refinancements en moins par rapport à 2010, alors que globalement, les taux étaient plus avantageux. C’est que nombre de ses clients avaient déjà changé leur prêt en 2010, quand les taux ont commencé à refluer. La banque ne souffre pas non plus d’une accentuation de non-remboursement ou de retards de paiement. Comme si la crise ne jouait pas de tours à ses clients ? Oui et non, répond-elle. Ils ont en effet été bien plus nombreux (+18 %) à anticiper l’accident de paiement et à profiter des avantages de son crédit habitation souple, notamment en demandant la suspension temporaire du remboursement du capital. A noter que BNP Paribas Fortis ne s’attend pas à des hausses de taux dans les mois à venir.