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Eclairage

Le phénomène n'est pas neuf: de nombreuses fonctions financières font partie de ce qu'on appelle les «fonctions critiques», soit celles pour lesquelles les emplois ne trouvent pas preneurs. Financial Forces, division d'USG People et agence spécialisée dans la mise à disposition de profils financiers, s'est penchée sur cette problématique en sondant 1 340 étudiants, employés et employeurs. L'enquête révèle un paradoxe important: «Les études financières n'attirent pas assez les jeunes car ils estiment que les fonctions financières sont monotones et peu attirantes. Par contre, une fois qu'ils travaillent, les collaborateurs financiers sont très satisfaits de ce qu'ils font», explique Steve Rousseau, de Financial Forces. «Les étudiants ne sont pas toujours au courant des possibilités qu'offre leur diplôme.»

Dans son étude, Financial Forces s'est intéressée à plusieurs points. Le premier: l'avis des étudiants sur une carrière financière. Un peu plus de huit étudiants sur dix pensent débuter leur carrière dans une fonction financière pour laquelle ils ont étudié. «On note une assez grande «désertion» des étudiants», constate Steve Rousseau. «Peut-être pas plus que dans d'autres matières, mais comme il y a déjà à la base un manque d'étudiants inscrits dans les filières financières, cela pose problème.»

L'étude montre que les étudiants semblent par ailleurs avoir des attentes erronées quant au type de société pour laquelle ils vont travailler et quant à la fonction qu'ils vont occuper. «Environ 50 pc des étudiants souhaitent travailler de préférence dans un cabinet de comptabilité. En réalité, seuls 14 pc y travailleront réellement.» A l'opposé seuls 9,1 pc pensent travailler dans l'audit. Dans les faits, ils sont 15,4 pc. Et c'est dans la banque et les assurances que le plus grand nombre d'étudiants travailleront: 21,5 pc.

Enfin, quand on demande aux étudiants pourquoi, le cas échéant, ils n'optent pas pour une fonction financière, viennent en tête des arguments tels que d'autres centres d'intérêts, une diversité insuffisante du métier ou encore le manque d'opportunités de carrière.

Financial Forces a également sondé les professionnels financiers sur leur fonction et leur carrière.

Premier constat: tous les titulaires d'un diplôme à orientation financière trouvent un emploi. Trois mois après la fin des études, 59,5 pc commencent à travailler. Trois sur quatre ont un contrat à durée indéterminée.

«Les financiers ont en général une grande satisfaction de leur travail», note Steve Rousseau. L'étude montre que sur une échelle de satisfaction de 6, les financiers donnent une cote de 5,43 pour les horaires de travail, de 5,39 pour la responsabilité, de 5,3 pour la variété, de 5,21 pour la sécurité de l'emploi, de 4,85 pour le salaire et de 4,82 pour les perspectives de carrière. «Celui qui commence dans une fonction financière souhaite en général la conserver pour le reste de sa carrière», note Steve Rousseau. L'étude montre ainsi que seuls 5 pc d'employés échangent leur fonction financière pour une fonction non financière. Et quand ils le font c'est en général de leur propre initiative avec, par ailleurs, une chance réelle de retour par après. S'ils quittent le secteur financier, cela ne se fait en moyenne qu'après une carrière de 12,9 ans.

«Plus que d'autres, les financiers sont très fidèles à leur employeur. Pas moins de un sur quatre reste fidèle au même employeur pendant toute sa carrière. S'ils changent d'employeur c'est essentiellement pour un salaire plus intéressant ou un emploi plus varié.»

Troisième acteur à être sondé par Financial Forces: les employeurs. Quand on leur demande quels sont les critères réellement importants lorsqu'un poste est à pourvoir, c'est la motivation qui arrive en tête. Les employeurs constatent par ailleurs que trop peu de candidats réagissent aux offres d'emploi.

Pour recruter des candidats, les canaux principaux sont, en tête, les agences d'intérim spécialisées, suivies des sites d'offres d'emploi et des suppléments emploi. Un trio qu'on retrouve aussi chez les postulants, mais dans un ordre différent.

© La Libre Belgique 2006