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Nous lisons sur Wikipedia que "pour être qualifiée de "passive", une maison doit réduire d’environ 80% ses dépenses d’énergie de chauffage par rapport à une maison neuve construite selon des normes d’isolation de 1995 déjà très exigeantes.

Mais qu’en est-il donc de notre Maison Belgique ? Depuis 1995, n’aurait-elle pas inventé une nouvelle forme, révolutionnaire, de gestion passive, où plus personne ne s’échauffe sur les sujets qui fâchent ?

Sans oublier que tout exemple trouve son contre-exemple, illustrons notre propos par ce qui nous semble être quelques "maîtres-choix de la passivité".

1. Nos modes de déplacement. En trente ans, le parc des véhicules en circulation a augmenté de plus de 80% en Belgique, alors que le prix des carburants a atteint, en mars 2011, un record absolu ce qui équivaut à payer le prix du jus d’orange pour alimenter nos réservoirs.

2. Notre argent. Réputée supérieure à 80%, la fidélité du Belge à sa banque est légendaire alors que les rendements réels de nos comptes d’épargne sont souvent inférieurs à l’inflation et que les frais de bancarisation ne cessent d’augmenter.

3. Nos personnalités politiques. Ayant pu accrocher à sa façade le record mondial du pays sans gouvernement, la Maison Belgique semble ne pas s’émouvoir pour autant : 161 000 de ses habitants l’ont quittée pour aller camper (virtuellement) devant le 16, rue de la Loi ce qui laisse à l’intérieur de la Maison encore plus de dix millions d’occupants.

Est-ce grave, docteur ? Nous entendons ici et là que l’absence de gouvernement - et, donc, l’absence de mesures actives lors de la crise financière - a bénéficié à l’économie belge. N’est-ce pas logique, en définitive, puisque Wikipedia nous rappelle que "le standard de maison passive a un coût très important (entre 7 et 15% de plus qu’une maison traditionnelle), mais vise essentiellement à réduire les consommations inutiles de nos maisons".

La passivité serait-elle donc une nouvelle méthode pour faire des économies que le génie belge aurait découverte avant tout autre nation ? Dans ce cas, qu’attendons-nous pour encourager nos pays voisins à adopter ce modèle de gestion passive ?

Nous pourrions même leur prêter l’un ou l’autre de nos meilleurs spécialistes, puisque les experts estiment que "l’un des freins au développement de ces maisons passives est le manque d’artisans qualifiés".

Mais soyons Belges et ayons le triomphe modeste ! Car, dans sa célèbre "Vérité qui dérange", Al Gore ne parle-t-il pas d’une grenouille, confortablement installée dans un bocal d’eau tiède, qui se laisse anesthésier par l’eau dont la température augmente lentement mais sûrement et qui finit ébouillantée ?

Notre si belle gestion passive nous réserverait-elle des lendemains qui déchantent ?

Sources : Wikipedia / La Libre / RTL / Trends