Entreprise

Dans une interview au "Handelsblatt", le quotidien d’affaires allemand, le commissaire européen chargé de l’Industrie, Antonio Tajani, propose la mise en place "d’une autorité chargée d’examiner les investissements étrangers en Europe". C’est que le commissaire constate que de plus en plus d’entreprises chinoises rachètent des entreprises européennes et en particulier celles qui ont la maîtrise de technologies clé dans des secteurs importants, autant dire stratégiques. Ce constat est fondé, l’actualité en témoigne régulièrement.

Mais l’inquiétude l’est-elle pour autant ? Et quand bien même, l’établissement de barrières "politiques" est-il réellement le bon réflexe pour empêcher un transfert involontaire de technologies et de savoir-faire ? Depuis l’"affaire" de la Société générale de Belgique, notre pays sait qu’il est illusoire de détourner le cours de l’histoire en brandissant un bouclier protectionniste, fut-il coulé dans la loi. "Le sabre de bois n’effraie pas le tigre de papier." Rien, n’est pire que la mauvaise réponse qu’on apporte à un problème qu’on a mal compris. La Chine a été considérée comme un marché.

Aujourd’hui, comme une menace. Demain il faudra lui parler comme à un partenaire. Notre savoir-faire est historique, pratiquement culturel. Alors que la roue de l’industrie tourne désormais pour de nouveaux acteurs, ne leur fermons pas les portes mais donnons encore plus de moyens à nos cerveaux, à nos génies, à nos créateurs. Et s’ils veulent acheter, qu’au moins ils aient l’embarras du choix !