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Réputée pour ses nombreux changements de jobs, son assurance ou encore sa pensée positive, la génération Y est en train de déchanter. C’est le constat fait par Sthree, société spécialisée dans le recrutement de jeunes masters et dont l’effectif compte 95 % de collaborateurs de la génération Y, qui a mené une enquête auprès de 400 jeunes qui travaillent.

La confiance des 20-35 ans est très faible : à peine un sondé sur trois a encore confiance dans le marché du travail. "Avant la crise, les jeunes avec un master étaient plus confiants dans leurs possibilités de trouver facilement un emploi. Ils se permettaient même d’être exigeants. Ce n’est plus le cas", constate Kurt Schreurs, directeur de Sthree. Ce qui les inquiète : la crise (pour 76 % des sondés), le système social (67 %) et le chômage (65 %). "L’environnement qui les préoccupait beaucoup auparavant est aujourd’hui secondaire (44 %)." Ce qu’ils attendent de leur employeur ? De la communication (99 %), une vision à long terme (86 %) et des valeurs proches des leurs (79 %). "Or seuls deux jeunes sur trois sont satisfaits de la réponse de leur employeur en ce qui concerne les deux premières préoccupations ; et un sur deux sur la question des valeurs", note Kurt Schreurs.

L’enquête révèle encore que 83 % des sondés sont tout de même satisfaits de leur emploi, mais seulement 77 % de leur employeur et 33 % des pouvoirs publics. "Seuls 66 % sont contents de leurs perspectives de carrière, 56 % de l’équilibre travail-vie privée que l’employeur leur offre, et 63 % de leur rémunération."

L’enquête révèle également que 63 % des jeunes ressentent plus de stress que l’an passé. "Il est frappant de constater combien les jeunes sont pessimistes : un sur deux pense qu’il n’y aura pas d’amélioration avant 2015", note Kurt Schreurs qui souligne un autre fait marquant : "Un jeune sur deux ne désire pas changer d’emploi dans les cinq prochaines années. On est loin de l’image du jeune qui change d’emploi tous les deux-trois ans et n’est pas fidèle à son employeur. Ce constat n’empêche pas le fait que les entreprises doivent continuer à motiver ces collaborateurs. S’ils ne désirent pas changer d’emploi, c’est essentiellement parce qu’ils ont peur de l’inconnu et pas parce qu’ils sont particulièrement bien là où ils sont !"

Quand on leur demande leur avis sur le marché du travail, les jeunes sont assez stricts et conservateurs. Ainsi, 86 % estiment que les chômeurs de longue durée devraient être obligés de reprendre le travail, 86 % que le soutien au chômage devrait être limité dans le temps, 85 % que les jeunes devraient recevoir un soutien du gouvernement pour trouver un emploi et 68 % que le soutien au chômage est trop élevé. Quant à l’impact du vieillissement de la population, ils ne s’en inquiètent pas. Quelque 77 % estiment qu’il n’y a pas d’effet du vieillissement dans leur entreprise et seulement 14 % qu’il y a trop de travailleurs âgés chez leur employeur.