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La situation se complique pour les éleveurs de porcs situés au sein de la zone de 63 000 hectares, au sud de la province de Luxembourg, dans laquelle des cadavres de sangliers morts de la peste porcine africaine ont été retrouvés.

Leurs animaux sont déjà soumis à des mesures très strictes de confinement mais on apprend que, malgré une dérogation de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) qui autorise l'acheminement des porcs et porcelets vers les sites d'engraissement et d'abattage, des opérateurs de la filière refusent d'accueillir ces animaux pourtant sains.

Dans un communiqué envoyé mercredi, la Fédération wallonne de l'agriculture (FWA) soulevait le problème. "Aucun engraisseur, abattoir, transformateur n’accepte désormais de porcs issus de la zone concernée", affirme la FWA.

"Dès lors que l’exploitation agricole d’engraissement refuse d’accueillir les porcelets, un véritable embouteillage se crée dans la filière. L’éleveur ne peut les céder et se retrouve donc sans source de revenus. Il ne peut ni les vendre ni les faire abattre puisque toutes les structures de la filière refusent de les réceptionner", écrit le syndicat agricole, qui évoque une situation "catastrophique".

La cabinet du ministre wallon de l'Agriculture confirme jeudi cette information. "Le plus gros éleveur (1000 porcs) concerné par le périmètre de sécurité est situé à Virton. Il ne vend que des porcelets pour l'engraissement. Il a reçu l'autorisation de l'Afsca pour le transport mais le client flamand n'en veut plus. Pour l'heure, le collège des producteurs, la FWA et l'administration analysent les contrats pour voir ce qu'il est possible de faire puisqu'on est face à une blocage commercial sur des animaux sains", nous explique-t-on.

Jeudi, la FWA a demandé aux autorités d'autoriser possiblement l'euthanasie des porcs de la zone suspecte qui auraient dû être conduits à l'abattoir mais que personne ne veut acheter.

Selon nos informations, 400 porcelets de la zone de quarantaine, pourtant sains, devraient être euthanasiés. Leur éleveur ne fait que des naissages et il essuie un refus de l'engraisseur de les accueillir. Il dit ne pas avoir la place pour les garder dans son exploitation et craint pour le bien-être des animaux.

C'est l'Afsca qui est habilitée à donner le feu vert à cette mesure drastique. Normalement, l'Agence ne peut autoriser l'euthanasie que si le virus a contaminé l'exploitation, ce qui n'est pas le cas ici. Mais des contacts ont été pris avec l'Europe pour savoir si, exeptionnellement, un peu de latitude pouvait être accordée. Les autorités européennes ont donné leur accord, semble-t-il.

On a également appris jeudi qu'un douzième et un treizième pays suspendent, à divers degrés, leurs importations de porc belge. Certains embargos ne portent que sur des produits comme la gélatine. La liste des pays reprend désormais la Corée du Sud, la Chine, Taïwan, la Biélorussie, le Mexique, les Philippines, le Japon, l'Afrique du Sud, la Serbie, Singapour, l'Uruguay, l'Australie et la Malaisie.

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