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Alors que la flambée des prix du pétrole constitue une menace pour le pouvoir d'achat, hante les esprits des citoyens et mobilise plusieurs professions comme les pêcheurs, les agriculteurs, les routiers et le transport aérien, les milieux politiques s'ingénient à trouver la parade pour prouver à leur opinion publique qu'ils s'occupent des "problèmes des gens".

Ce fut le cas de Georges W. Bush qui a plaidé un accroissement de la production auprès des pays producteurs et qui s'est heurté, lors de chaque tentative, à un refus péremptoire. C'est la volonté, plus récente, du Président français qui préconise de plafonner la TVA sur les carburants pour contenir l'ascension des prix de l'or noir.

Contestée depuis qu'elle est sortie du chapeau présidentiel il y a dix jours, la petite idée de Nicolas Sarkozy a essuyé un tir de barrage nourri lors de la dernière réunion des ministres des Finances de la zone euro. "Il ne saurait être question de mettre en place des contre-mesures fiscales d'ordre général", a affirmé le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

Il y a trois ans, alors que le baril était à la moitié du prix d'aujourd'hui, les grands argentiers européens avaient déjà rejeté "toutes mesures de court terme pour apaiser l'opinion par rapport au pétrole cher, y compris fiscales", estimant qu'elles empêcheraient

"l'ajustement nécessaire des pays consommateurs qui doivent avant tout réduire leur consommation".

C'est bien là le problème ! Non seulement la réduction de la fiscalité sur les carburants - un tour de passe-passe aussi risqué qu'incongru - constituerait un très mauvais signal envers les pays producteurs et le marché, mais aussi une telle option donnerait l'illusion du statu quo aux consommateurs et les inciterait à ne pas changer leur mode de vie. C'est aberrant.

Les mesures linéaires ont, de plus, montré leurs limites. La preuve, chez nous, avec le "chèque mazout", bien utile pour certains, mais qui a été reçu comme une aumône par des citoyens... qui ne demandaient rien. Les Etats refusent de plus en plus la subsidiation de ce type et c'est tant mieux.

Le débat sur le pouvoir d'achat et les études qui circulent montrent que ce sont surtout les plus démunis qui pâtissent de l'envol du baril. Sans exonérer nullement la classe politique des actions d'intérêt général, comme la poursuite de la réforme fiscale par exemple, c'est de leur sort qu'il convient, d'abord, de se soucier.