«Pfizer ne veut pas quitter la Belgique»

SANDRINE VANDENDOOREN Publié le - Mis à jour le

Entreprise

ENTRETIEN

Joyeux anniversaire! Ce mercredi, Pfizer, le numéro un mondial de la pharmacie, fête ses 50 ans de présence dans la distribution de médicaments en Belgique. En guise de gâteau d'anniversaire, il inaugure un complexe flambant neuf d'entrepôts à Malines. Grâce à ces nouveaux bâtiments, la capacité actuelle du centre européen de distribution situé à Zaventem est doublée - plus de 22000 palettes pourront y être stockées - ce qui en fait le deuxième plus grand complexe logistique du groupe américain dans le monde. C'est de là que sont expédiés les médicaments de Pfizer à destination de 130 pays d'Europe, d'Afrique et du Moyen-Orient.

60 millions d'investissement

«Ce nouvel investissement prouve l'attachement de Pfizer à la Belgique», souligne Cees Heiman, le directeur de Pfizer Belgique/Luxembourg. Depuis son arrivée, il y a 18 mois, à la tête de la filiale belgo-luxembourgeoise, ce Néerlandais entré chez Pfizer il y a 24 ans a inauguré deux autres investissements: en avril 2005, l'extension de l'unité de recherche pour les études cliniques en phase 1 des nouveaux médicaments du groupe sur le campus de l'ULB à Anderlecht, et un nouveau centre de conditionnement à Puurs, son plus grand site de production en dehors des Etats-Unis, en septembre dernier. Soit, pour ces trois extensions belges, un montant total de 60 millions d'euros d'investissements. Auxquels, insiste M.Heiman, il faut ajouter environ 50 millions d'euros par an rien qu'en dépenses d'entretien. «Pfizer est bien en Belgique et ne veut pas quitter ce pays», affirme le patron. Un discours plutôt rassurant après l'annonce, en novembre dernier, de renoncer à la construction d'un centre de congélation pour les produits stériles à Puurs (Anvers) pour cause de «climat antipharmaceutique en Belgique». Cet investissement de 185 millions d'euros aurait permis la création de 100 emplois. «Cette décision fait partie du passé. Tirons-en les leçons.» Message reçu cinq sur cinq par le gouvernement. «Après plusieurs mois difficiles, les autorités et l'industrie pharmaceutique ont renoué le dialogue. Le gouvernement a promis une série de mesures qui vont dans le bon sens: la création d'une nouvelle Agence du médicament qui doit accélérer l'approbation des nouveaux médicaments, une réforme de la Commision de remboursement, des mesures fiscales pour abaisser les charges sur le travail en équipe et dans la recherche et enfin la mise en place d'une plateforme de discussions entre le secteur et le gouvernement. Celle-ci devra trouver des solutions aux problèmes du secteur comme l'accès limité aux molécules innovantes par des conditions de remboursement de plus en plus strictes et les réductions de prix imposées. Nous attendons beaucoup de cette plateforme», explique M. Heiman en stigmatisant «un environnement peu propice à l'innovation».

La présence de Pfizer sur le sol belge remonte à plus d'un demi-siècle, en réalité. Elle date de 1952 quand le laboratoire a décidé de faire de la Belgique sa tête de pont en Europe en y installant un premier bureau à Bruxelles. Aujourd'hui, la firme y possède 7 sites: Ixelles (QG), Anderlecht (recherche), Zaventem et Malines (distribution), Puurs, Bornem et Louvain-la-Neuve (production).

3200 personnes dans le pays

Leader sur le marché belge avec une part de 10pc, Pfizer emploie 3200 personnes dans le royaume et à Luxembourg (bureau commercial).

«Cela représente 3pc de l'emploi total dans le groupe alors que nos ventes (400 millions d'€) ne pèsent que pour 0,3pc du chiffre d'affaires mondial. Nous voulons garder ce rapport», conclut Cees Heiman.

© La Libre Belgique 2006

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