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Le conseil d’administration de la SNCB doit se pencher ce vendredi sur le principe d’une thérapie de choc destinée à lui faire recouvrer sa santé financière. Mais ce plan dont les grandes lignes ont été révélées ces jours derniers ne fait évidemment pas l’unanimité. Hier, les réactions ont fusé de toutes parts à ce propos.

La CGSP Cheminots a pour sa part exprimé jeudi sa "totale opposition aux mesures d’économie proposées par la SNCB qui toucheront de plein fouet les travailleurs du rail mais également les usagers du service public". Pour rappel, la société de chemins de fer envisagerait notamment de supprimer certains trains afin de réduire sa dette, ce qu’elle a toutefois refusé de confirmer mercredi. La CGSP dénonce par ailleurs " la dégradation, sans précédent, des relations sociales au sein du groupe SNCB". "Dans ces conditions, la CGSP Cheminots communique qu’elle réagira par tous les moyens, avec la fermeté et la détermination qui s’imposent, à la mise en place de toute mesure qui frapperait les cheminots et les usagers du service public", avertit-elle enfin.

Le PS et la Fédération Inter-Environnement Wallonie ont également critiqué le plan d’économies de la SNCB comprenant notamment la suppression de certains trains. Le Parti Socialiste se dit consterné et ajoute que le plan est inacceptable. IEW est d’avis que toute suppression de trains constituerait une grave erreur. Pour le PS, ce projet est tout simplement inacceptable. Le Parti Socialiste estime que la déstructuration de l’offre proposée par le management porte atteinte à la mission de service public de la SNCB.

La Fédération Inter-Environnement Wallonie souligne pour sa part que toute réduction de l’offre des services proposés aux voyageurs "serait une non-solution et une erreur magistrale".

Le scénario de suppressions de trains envisagée par la SNCB dans son plan d’économies viendrait encore diminuer de manière inacceptable le niveau de satisfaction des voyageurs et le service rendu, alors que les chiffres de ponctualité ont atteint en 2009 un record historiquement négatif, a affirmé jeudi Ecolo.

Réagissant comme les Verts aux informations relatives au plan d’économies de la SNCB, la vice-présidente du CDH Catherine Fonck, a souligné de son côté que les économies ne pouvaient en aucun cas grever l’offre de transport passagers ni la sécurité. Pour Ecolo, la co-présidente Sarah Turine et le député Ronny Balcaen ont rappelé que 21 556 trains ont déjà été supprimés en 2009 (contre 14288 en 2008). Ils ont ajouté que le plan d’accélération des investissements en TBL1 + devrait entraîner la suppression de 5000 trains supplémentaires entre 2010 et 2012.

Les écologistes ont aussi souligné que le recours aux guichets automatiques aura raison de la présence humaine dans les petites gares, ce qui aura un impact sur la sécurité et le confort de voyageurs. Ecolo a dit réclamer à nouveau une mise à plat de la politique d’investissement de l’ensemble du groupe avant toute mesure d’économies.

La vice-présidente du CDH Catherine Fonck a souligné pour sa part que la "thérapie de choc" annoncée se place en totale contradiction avec la mission fondamentale de service public de la SNCB. Le train reste l’alternative écologique et économique par excellence en comparaison avec la voiture, a-t-elle encore dit. (Belga)