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Les PME belges paient un lourd tribut à la crise. Six petites et moyennes entreprises (PME) sur dix ont enregistré une baisse de leur chiffre d’affaires en 2008. Et une sur deux a connu un recul de son rendement opérationnel et financier au cours de la même année. Globalement, les PME ont enregistré une perte de valeur de 20 % mais ont finalement mieux résisté que les entreprises du Bel 20. Tels sont les principaux enseignements du "Baromètre annuel pour les PME", publié mercredi par Deloitte Fiduciaire. Unique en son genre, celui-ci donne un aperçu des performances financières de 550 entreprises sur une période de 5 ans.

Il ressort de l’analyse du marché belge que si la PME moyenne (les auteurs utilisent le terme "médiane") est parvenue à accroître sa valeur à concurrence de 3,4 % et 11,4 % entre 2004 et 2007, elle a enregistré en 2008, pour la première fois, une perte importante de valeur (-19,4 %). La PME suit donc l’évolution du Bel 20 mais de façon plus modérée, font valoir les auteurs de l’étude. Entre 2004 et 2007, le cours de clôture moyen du Bel 20 a haussé respectivement de 24,8 %, 22,1 % et 13,1 %. En 2008, il a chuté de 29,2 %.

L’étude montre que c’est l’industrie qui souffre le plus de la dévalorisation des entreprises, avec une chute de 25,8 %. La construction est moins affectée, la perte de valeur n’étant "que" de 8,5 % dans ce secteur.

Quelque 6 PME sur 10 ont perdu du chiffre d’affaires réel en 2008. Entre 2004 et 2007, la Belgique a connu une inflation relativement modérée, dont le taux a oscillé entre 1,8 % et 2,78%. Au cours de la même période, la PME moyenne a vu son chiffre d’affaires progresser de 2,83 % en 2005 à 5,2 % en 2006. Chaque fois, on a pu parler d’une croissance "réelle" du chiffre d’affaires, supérieure au taux d’inflation moyen.

Selon Dominique Deliège, associé Deloitte Fiduciaire, "l’impact de la crise économique et financière a été tel que de nombreuses entreprises ont enregistré simultanément un net recul de leur chiffre d’affaires au dernier trimestre. Pour la première fois en cinq ans, le taux d’inflation moyen a dépassé le taux de croissance du chiffre d’affaires de la PME moyenne. Et pour la première fois aussi en cinq ans, celle-ci n’a pas connu de croissance réelle de son chiffre d’affaires, mais uniquement une croissance nominale ".

Alors qu’en 2007, 60 % des PME étaient parvenues à réaliser une croissance réelle de leur chiffre d’affaires, en 2008, seules 40 % d’entre elles sont arrivées à répercuter les hausses de prix sur leurs propres prix de vente. En 2008, 42 % des PME belges ont même été confrontées à une baisse de leur chiffre d’affaires. Ici aussi, c’est l’industrie qui a été la plus durement touchée: une entreprise industrielle sur deux a vu son chiffre d’affaires baisser en 2008. La construction est le seul secteur à avoir échappé à la récession.

En 2008, la PME moyenne a subi une baisse non seulement de son chiffre d’affaires, mais aussi de son EBITDA qui a reculé, lui, de 7 %. Pour rappel, l’EBITDA mesure le rendement opérationnel en éliminant l’impact de la structure financière (charges d’intérêts), les méthodes de valorisation appliquées (amortissements) et le régime fiscal applicable à l’entreprise. A titre de comparaison, entre 2004 et 2007, la PME moyenne était parvenue chaque année à préserver voire à augmenter légèrement son EBITDA, rappelle-t-on.

En résumé, les PME ont relativement fort souffert des quatre premiers mois de crise. Cela s’est traduit par une perte de chiffre d’affaires et de rendement opérationnel et financier. Reste à savoir si, en dépit d’une nouvelle dépréciation de son volume d’activité en 2009, la PME moyenne parviendra à sauvegarder sa structure financière, concluent les auteurs de l’étude.

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