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Les soubresauts des derniers jours l’ont rappelé à souhait: la Bourse est loin d’être un long fleuve tranquille. Il suffit parfois de quelques séances pour effacer les gains durement accumulés.

Dans le magazine adressé à ses clients, CPH Banque compare dans chaque numéro le rendement d’un placement de 10 000 euros sur un compte d’épargne réalisé au début de 2000 et de 2002 et l’évolution de l’indice Eurostoxx 50. "Investir en Bourse n’est pas toujours aussi intéressant", souligne régulièrement la banque.

CPH Banque a effectué le même exercice pour les vingt dernières années, comparant, cette fois, le rendement de 10 000 euros placés sur un carnet de dépôts et l’évolution de l’indice Bel20. Résultats des courses ? Le "bon père de famille" titulaire d’un compte d’épargne sort vainqueur.

"Si un client avait placé 10 000 euros sur un carnet de dépôt CPH le 18 mars 1991, il aurait 21 115,87 euros sur son compte le 18 mars 2011", explique Paul Henrotte, responsable du marketing. Le rendement annualisé de ces 10 000 euros est donc de 3,81% ( un rendement qui intègre la capitalisation des intérêts).

Le Bel20 fait mieux. De justesse : les 10 000 euros investis voilà vingt ans sont devenus 21732,70 euros, sur base de la côture de mardi, selon le caclul de CPH Banque. C’est donc un peu mieux, mais avec quelques solides nuits blanches à la clé...

Le rendement annualisé est en fait de... 3,95%. Et encore, il s’agit d’un rendement hors frais de gestion. Si l’on tient compte cette fois de frais de gestion propres aux fonds d’investissement, le tableau serait différent avec un investissement en actions, qui vous aurait permis de toucher les dividendes.

Faut-il pour autant tourner le dos à la Bourse ? Non, évidemment. Comparaison, n’est pas toujours raison.

La même comparaison effectuée en 2007, lorsque le Bel20 atteignait son plus haut historique à 4 759,01 points aurait alors été sans appel pour le compte d’épargne, battu à plate couture par un indice boursier que rien ne semblait devoir arrêter. L’avantage pour l’investissement à risque était alors de 3 contre 1 en défaveur du compte d’épargne cher au "bon père de famille".

A l’inverse, une comparaison effectuée en mars 2009, voilà deux ans à peine, aurait cette fois permis au compte d’épargne de l’emporter haut la main, le Bel20 étant alors dans le 36e dessous, l’indice ayant retrouvé son niveau de 1996...

Le tout est donc d’investir en Bourse avec discernement en intégrant bien le fait qu’il s’agit d’un investissement à (haut) risque. Les dégringolades des dernières séances le rappellent si besoin en était.