Entreprise logique financière

Pas facile pour le secteur bancaire de se positionner dans un environnement mouvant, même si comme on l’a dit et répété, il n’y a rien de surprenant dans la décision de la Cour de Justice de l’Union européenne. Pour les banques belges, c’est surtout le moment de ne pas bouger car le dossier des comptes d’épargne est chaud à plusieurs points de vue.

D’abord en raison des montants à prendre en compte, soit 245 milliards d’euros qui ne coûtent pas trop cher à rémunérer. Et puis aussi parce qu’une modification d’importance va bouleverser la manière de gérer "en douce, à la belge", des fortunes réparties astucieusement sur plusieurs comptes d’épargne pour bénéficier de manière illégale d’une défiscalisation sur des montants bien plus élevés que le petit million d’euros par contribuable.

C’est une fraude fiscale qui fait réellement partie des meubles en Belgique où l’on dénombre plus de comptes d’épargne que de contribuables.

Le secteur financier devait donc adopter en l’espèce une communication des plus "soft". Et sans surprise, la fédération belge du secteur financier, Febelfin, a annoncé que de son point de vue, "le régime du livret d’épargne réglementé n’est pas remis en question". Febelfin souhaite rassurer les épargnants belges.

" A première vue, nous ne lisons pas une condamnation du régime du livret d’épargne réglementé et de son avantage fiscal mais bien une modalité de celui-ci ", a commenté Michel Vermaerke, l’administrateur délégué de Febelfin. Pour lui, il faudrait plutôt " étendre aux banques étrangères non établies en Belgique la possibilité d’offrir un livret d’épargne réglementé aux clients belges " au nom de la libre circulation des capitaux et des services au sein de l’espace économique européen.

Febelfin s’interroge sur la volonté d’une banque étrangère, qui n’est pas présente en Belgique, de mettre en place tous les outils nécessaires et de se soumettre au contrôle des autorités. Michel Vermaerke revient aussi sur l’exemple du livret A, le livret d’épargne le plus utilisé en France. A l’origine, " ce livret d’épargne réglementé et défiscalisé était distribué exclusivement par la Caisse d’épargne et la Banque postale ". En 2007, la Commission européenne avait cependant exigé que la France mette un terme à ce monopole. " Après deux ans, un accord avait finalement été trouvé avec le gouvernement français et la distribution du livret A s’est depuis élargie à d’autres réseaux bancaires ."

P.V.C. (avec Belga)