Entreprise Entretien

Oser des vacances différentes, les chemins de traverse; aller vraiment à la rencontre de l’autre, d’une région ou d’un pays, ici ou plus loin, dans le respect des populations et de l’environnement : c’est l’objectif du Salon du tourisme durable, éthique et équitable qui débute ce vendredi et se déroule jusqu’à dimanche à Tour & Taxis, à Bruxelles (*), dans la foulée de la Semaine du commerce équitable. Ce salon propose aux amateurs d’aller vers 130 exposants, plus de 70 pays, et de participer à une série d’animations, de voir des films, expos, etc. (*) C’est la 4e édition de ce rendez-vous, "ce qui en soi est déjà une belle réussite", sourit Marie-Paule Eskénazi, directrice de l’ASBL Tourisme autrement qui organise le salon.

Que faut-il faire pratiquement pour être un touriste responsable ?

La première chose, c’est de préparer son voyage, d’interroger les partenaires qu’on a contactés (tour-opérateur, agence de voyage) pour savoir s’ils travaillent sur le terrain avec les compétences locales. C’est aussi programmer un voyage dans la durée, ne pas croire qu’on peut découvrir une population ou un lieu si on ne prend pas le temps de le faire. Notre principe de base, c’est le respect : tout doit être basé sur le respect de la population, du lieu d’accueil, de l’environnement et des représentations symboliques - tout ce qui a trait à la culture, à la gastronomie, aux habitudes vestimentaires. Personne ne nous demande d’aller là-bas. Là-bas, l’étranger, c’est nous, il ne faut pas l’oublier.

Quelle est la part actuelle de ces voyageurs responsables sur l’ensemble des touristes ?

Il n’y a pas vraiment d’enquête internationale sur le sujet. On estime que cette part pourrait atteindre actuellement jusqu’à 10 %. Le but n’est pas de remplacer le tourisme de masse, mais d’obliger le secteur à prendre en considération un certain nombre d’éléments comme la gestion de l’eau par exemple, d’entraîner un autre comportement. Cela a un effet d’éducation de la chaîne du tourisme. Ce type de tourisme responsable se développe un peu partout. On aura ainsi des représentants de Slovénie, de Bosnie, d’Afrique ou de Thaïlande.

Samedi a lieu un colloque consacré à la labellisation du secteur touristique. Quels sont les enjeux de cette labellisation ?

Il s’agit de voir quelles sont les parties de l’activité que l’on peut labelliser (suivant certains critères). Pour le consommateur, cela lui procure un certain confort - il peut avoir une plus grande confiance en un organisme contrôlé dans une certaine optique. Pour le secteur, cela pousse la concurrence. Est-ce la bonne solution ? C’est une question; elle sera débattue samedi. Il existe déjà des labellisations pour certaines parties d’activité, liées à l’environnement, à l’hébergement ou à la qualité de l’eau. Je trouverais évidemment intéressant d’arriver à une sorte de labellisation globale, mais c’est assez utopique. Il faut donc continuer à faire des labellisations parcellaires et, surtout, éduquer le consommateur pour qu’il comprenne le contenu de ces labellisations et fasse la synthèse.

Comment le salon a-t-il évolué ?

Ce salon, né en 2006, se déroulera désormais tous les deux ans (il n’a pas eu lieu en 2009 car nous avions anticipé la crise), ce qui, nous l’espérons, suscitera plus de curiosité. Nous avions accueilli près de 8 000 visiteurs en 2008, nous désirons atteindre les 10 000 personnes cette année. Pour ce qui est des exposants, nous en avions reçu 60 lors de la première édition pour 130 cette fois-ci (voir ci-contre). On aurait même pu en avoir le double si on avait eu davantage de soutien financier. Cette explosion de l’offre correspond aussi à une extension de la demande. Les exposants viennent de Bruxelles, de Wallonie - nous avons mis l’accent sur le tourisme de proximité -, mais aussi d’Europe - notamment via les projets Eden, destinations européennes d’excellence, soutenus par la Commission européenne - et du reste du monde. On peut faire le tour du monde au salon.

(*) De 10 à 18h. Entrée: 8 €. Parmi les nouveautés : les tables des voyageurs et le festival du film documentaire. Infos : www.tourisme-autrement.be