Entreprise

Que doit faire la Belgique pour maintenir, voire développer son activité automobile ?

Il faut continuer à investir dans l’innovation et diminuer les coûts des entreprises industrielles. Il faut miser sur les voitures qui consomment moins d’énergie et sur les nouveaux matériaux tels que l’acier moins lourd mais qui conserve les mêmes caractéristiques de résistance en cas d’accident. De plus, on va vers des systèmes de transmission très différents en raison de l’émergence de véhicules électriques, hybrides, etc. Il faudra donc les standardiser. Et la Belgique doit impérativement se positionner dans ces standards futurs car ils seront valables pour plusieurs décennies. On pourra aussi miser sur de plus petits sites automobiles, pas forcément de production. Comme ceux de Toyota par exemple : l’entreprise japonaise emploie 4500 personnes à Evere, Zaventem, Zeebrugge Les Japonais avaient commencé très petit et, avec le temps, ils ont développé leurs activités et ont engagé du personnel. On peut donc aussi investir sans que cela n’aboutisse à de la production et donner quand même un rôle très important à la Belgique.

Qui pourrait investir ?

Les Chinois, par exemple, pourraient être intéressés par ce genre d’investissement en Belgique. Cela leur permettrait de rentrer et de se familiariser avec le marché européen qui est difficile car très hétérogène. En ce qui concerne les voitures du futur, les Chinois et les Indiens ne maîtrisent pas cette technologie. Il faut leur ouvrir les portes de l’Europe et leur faire bénéficier des réseaux que l’on a déjà dans ces secteurs. C’est ça la bonne stratégie. Et il n’y a pas de danger qu’ils produisent ces véhicules chez eux pour les exporter chez nous après car le prix de la logistique va être de plus en plus élevé en raison des taxes et des coûts énergétiques.

Les Belges en font-ils assez ?

La Belgique manque d’audace sur la scène internationale pour attirer les investissements. Les Allemands et les Hollandais, eux, se montrent très agressifs. En outre, la Belgique est divisée politiquement et c’est vraiment un handicap. Par exemple, il faudrait attirer un des sept grands producteurs de batteries. C’est fondamental pour compléter notre chaîne de valeur. Il faudrait les contacter, leur proposer un deal fiscal, des facilités Mais ce n’est pas du tout la mentalité en Belgique. Les autres ne se privent pas pour démarcher