Entreprise

Je suis pour un transport ferroviaire en Belgique, pays de tradition de chemin de fer et spécialement dans les environs de nos capitales. Je connais bien la problématique pour avoir été ministre des Communications, tout seul sans les régionaux, essayé d'assainir les chemins de fer et créé l'IC-IR (qui existe encore après 20 ans). Je suis d'avis que la SNCB doit augmenter sa part de marché en transport marchandises et de passagers. Mais je constate que les chemins de fer belges coûtent à la collectivité (investissements, subsides) 100 milliards de francs belges (2,5 milliards d'euros par an), soit 2 fois le budget du Congo et tout ça pour transporter seulement 7 pc des navetteurs. Ce coût est trop important pour le rendement. Par conséquent, il faut faire quelque chose et armer la SNCB pour l'avenir, d'où la privatisation. Car, dans 5 ou 10 ans, il y aura une concurrence sur le rail belge en matière de transport passagers. Prenons l'exemple de Belgacom. Un de mes successeurs avait fait le tour des capitales de l'Europe pour s'opposer à la privatisation du téléphone afin de garder l'ex-RTT. Mais aujourd'hui, Belgacom est privatisée, Proximus aussi, le reste des opérateurs (Mobistar, Base, etc.) est dans les mains du privé et on compte 4 millions de téléphones portables en circulation. Mais il y a malgré tout des tarifs sociaux.

Si l'on veut donc faire face à cette concurrence future, déjà effective dans le transport des marchandises (où le chemin de fer n'a que 13 pc du marché), il faut donc laisser rouler les trains à des prix compétitifs avec, comme conséquence, une efficacité et un rendement accru. Les tarifs augmenteront, j'en suis conscient. Mais je propose dans ce cas de créer, par décision démocratique du parlement ou du gouvernement, des chèques transport pour compenser le coût du transport. Ils devront profiter aux étudiants, aux demandeurs d'emploi, aux retraités et ceux qui vivent avec le minimum vital et qui, comme pour le téléphone, bénéficient du trafic social.

Les autres paieront le tarif classique. Ainsi, on subventionne le client plutôt que le fournisseur du service, l'entreprise. C'est une idée portée par mon parti (VLD) depuis très longtemps.

Le système fonctionne dans le secteur aérien pour les vols intérieurs vers les petites îles en Grèce, en Espagne, en Ecosse ou au nord de l'Angleterre. Les compagnies aériennes appliquent les tarifs normaux, mais le voyageur reçoit son ticket à prix réduit, il ne lui coûte que le quart du tarif normal. Le VLD mettra ce point à la table des discussions après les élections législatives et on verra ce qui en sortira après les négociations. Après tout, les Verts n'avaient pas un poids important (12 pc) dans le gouvernement précédent, mais ils ont obtenu l'arrêt des centrales nucléaires.