Entreprise

Les représentants syndicaux de ProNatura Belgique ont rencontré lundi des membres du cabinet du ministre wallon de l’Economie et des PME, Jean-Claude Marcourt (PS) à qui ils ont présenté la situation de la filiale du groupe français ("LLB" du 19/04). Confrontée à une rentabilité décroissante, l’entreprise, basée dans le parc d’activités économiques de Nivelles est aujourd’hui sous le coup d’une menace de fermeture. Selon nos informations, la perte du contrat d’approvisionnement des magasins Delhaize en fruits et légumes biologiques au profit d’un concurrent flamand aurait sonné le glas de ProNatura Belgique. Ce contrat représente un pourcentage élevé (près de 40 %) de son chiffre d’affaires.

Mais il faut dire aussi que la filiale belge du groupe français, fournisseur des grandes enseignes européennes de fruits et de légumes issus de l’agriculture biologique accumule les pertes. L’an dernier, elle aurait enregistré une perte d’environ 1,8 million d’euros. Les patrons de la société d’investissement Activa Capital (fonds de pension, compagnies d’assurances, investisseurs privés, etc.), propriétaire à 51 % du groupe ProNatura n’entendent plus boucher les trous de la filiale belge. Mais il semble aussi qu’ils souhaiteraient céder leur participation à des tiers, d’où leur projet de fermer le site de Nivelles qui apparaît aujourd’hui comme un centre de coûts, plutôt qu’une unité rentable. Or, "nous avons toujours beaucoup de travail, mais ce sont les prix de vente de nos produits qui sont en chute libre", nous a confié un travailleur de Nivelles.

Au cabinet du vice-Président wallon, Jean-Claude Marcourt, l’on a bien écouté l’exposé des représentants syndicaux de ProNatura Belgique. Mais, tant que le groupe français n’aura pas arrêté formellement sa décision de fermeture du site de Nivelles, il est très difficile pour les autorités wallonnes de se saisir du dossier. Par ailleurs, tant que les dirigeants ne seront pas venus frapper à la porte de la Région wallonne pour exposer leur difficulté financière, celle-ci ne pourra pas activer les divers outils dont elle dispose pour venir en aide aux entreprises ébranlées. Elle attend donc une démarche des dirigeants français de ProNatura. En attendant, environ cinquante emplois sont menacés et les travailleurs gardent un léger espoir quant au sauvetage de leur outil. Une réunion entre le cabinet Marcourt et le management du groupe - dont le président Henri de Pazzis - serait prévue dans les prochains jours pour étudier la situation de ProNatura Belgique. C’est en 2006 que le groupe français a racheté l’ex-Biomarché, basé à Sombreffe. Quelques mois plus tard et après le changement de nom, ProNatura Belgique déménage dans de nouvelles installations à Nivelles en juillet 2007. L’entreprise vend sa gamme de produits dans des magasins bio et approvisionne des enseignes de la grande distribution, en Belgique et au grand-duché de Luxembourg.