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Les conversations téléphoniques écoutées par Proximus afin de contrôler la qualité des appels passant par internet rebondiront à la Chambre. La députée PS Karine Lalieux y interpellera en effet le ministre des Télécommunications Alexander De Croo ainsi que le secrétaire d'Etat en charge de la Protection de la vie privée Philippe De Backer. "Les personnes concernées vont-elles être informées que leurs conversations ont été écoutées et des recours qui leur sont offerts? Comment expliquer qu'une entreprise publique puisse procéder à de telles écoutes, manifestement contraire aux droits fondamentaux de nos concitoyens? Et quelles mesures sont prises pour s'assurer que Proximus et toutes les entreprises publiques seront, le 25 mai prochain, prêtes à répondre à toutes les exigences du nouveau règlement européen relatif à la protection des données personnelles? ", interrogera notamment Karine Lalieux.

Plus tôt dans la journée, la chef de groupe cdH à la Chambre, Catherine Fonck, avait elle aussi fait part de son intention d'interroger le ministre sur ce dossier, estimant, sur Twitter, que "Proximus fait pire que Facebook".

Depuis juin 2017, Proximus utilise un outil d'analyse de la qualité des appels, afin de contrôler la qualité des conversations qui ne passent pas par le câble, mais par le réseau internet. Ce système conserve les enregistrements pendant maximum cinq jours, selon De Tijd.

Proximus n'écoute pas les appels téléphoniques de ses clients, assure l'opérateur télécom

Proximus n'écoute pas les conversations téléphoniques de ses clients, réagit mardi matin l'opérateur télécom. Selon De Tijd, l'entreprise utiliserait un outil d'analyse de la qualité des appels qui passent par le réseau internet. Les appels seraient conservés 5 jours. Dans une réaction, Proximus distingue deux cas dans lesquels les conversations téléphoniques ont pu être examinées. D'une part, pour les lignes fixes, lorsqu'un client se plaint de la qualité de ses appels, il peut contacter le service client, qui va vérifier une série de paramètres. Si la cause du problème n'est toujours pas détectée, "en ultime recours", un test de la ligne sera opéré, "toujours et uniquement à la demande du client", insiste un porte-parole. En 2017, 13 lignes ont ainsi été examinées et, depuis le début 2018, 3 cas sont apparus.

D'autre part, Proximus a opéré une phase de test pour les appels mobiles effectués en utilisant la 4G, par le biais de la technologie VoLTE. Depuis la mi-2017, des appels opérés via cette technologie (et non la 2G ou la 3G) ont été stockés temporairement, pendant maximum cinq jours. Certaines conversations d'employés de Proximus ont également été écoutées à leur demande pour en vérifier la qualité. La phase de test s'est achevée début février 2018 "et depuis lors, aucun appel n'est stocké ou écouté", souligne le porte-parole.

Celui-ci renvoie par ailleurs à la loi relative aux communications électroniques ou Telecom, qui prévoit une exception à la loi sur la protection de la vie privée lorsque le but est d'assurer le bon fonctionnement du réseau et la bonne exécution d'un service de communications électroniques. Telenet, autre opérateur Telecom, tient le même discours, affirmant ne ne pas enregistrer les conversations téléphoniques de ses clients, sauf sur ordre judiciaire ou après une plainte explicite d'un client sur la qualité du réseau.

"Proximus agit en toute transparence vis-à-vis la Commission de la protection de la vie privée et, dans ce contexte, l'a contactée ce (mardi) matin", signale l'entreprise.