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Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a tranché dans le dossier "Nostalgie/Lidl". Et, pour la toute première fois, le régulateur francophone belge a décidé de sanctionner un éditeur pour la diffusion d'une publicité portant atteinte à l'égalité entre les femmes et les hommes.

Contacté par "La Libre", Marc Vossen, directeur général des radios Nostalgie/NRJ/Chérie FM Belgique nous a indiqué qu'il était non seulement surpris mais aussi en désaccord avec la sanction infligée par le CSA. Marc Vossen avait été auditionné, le 7 septembre dernier, par le Collège d'autorisation et de contrôle du régulateur. "Nous avons reçu le couriier du CSA juste avant le week-end, explique M.Vossen. Est-on surpris par la décision du CSA? Oui. Sommes-nous en désaccord? Oui". A ce stade, le patron de Nostalgie Belgique ne souhaite pas en dire davantage, préférant prendre le temps nécessaire d'analyser la décision. "Nous reviendrons d'ici quelques jours avec une réflexion plus étayée, notamment sur l'enjeu de la liberté d'expression".

Au printemps dernier, le CSA avait été saisi de 13 plaintes à propos d'une campagne publicitaire pour des produits de la marque du "discounter" Lidl diffusée en radio et en télévision. Six de ces plaintes avaient été jugées recevables par le CSA. Elles concernaient toutes des spots diffusés sur le réseau privé Nostalgie.

Après avoir instruit le dossier, le CSA avait notifié le grief à Nostalgie, en juillet. Lle Collège d'autorisation et de contrôle du CSA, après avoir auditionné en public Marc Vossen, a décidé de suivre les conclusions du rapport d’instruction, en estimant que les spots publicitaires dénoncés portaient atteinte au respect de l’égalité entre les femmes et les hommes. Il a relevé, en particulier, qu’en présentant les femmes comme étant "dépensières, matérialistes, vénales, frivoles et dépendantes financièrement des hommes", ces spots étaient porteurs de divers stéréotypes sexistes.

Depuis le 8 juillet 2016, il est interdit aux éditeurs régulés par le CSA de diffuser des programmes ou communications commerciales portant atteinte au respect de l’égalité entre les femmes et les hommes. La décision communiquée ce 5 octobre par le CSA est donc la première application concrète de cette disposition nouvelle du décret.

Le CSA s'est toutefois montré très clément dans sa sanction. Prenant en compte le caractère établi de l’infraction mais aussi la volonté de collaboration de l’éditeur (Nostalgie), le régulateur a décidé d’adresser un simple avertissement.