Entreprise L’arrivée prochaine de TF1 sur le marché publicitaire belge met la RTBF et RTL sous pression. Jean-Paul Philippot (RTBF) a été désavoué par ses administrateurs. Un revers qui intervient alors que le contrat de gestion doit être renégocié.

Réuni mercredi après-midi, le conseil d’administration de la RTBF a donc refusé d’octroyer à Jean-Paul Philippot, administrateur général du groupe audiovisuel public, un mandat de négociation visant à permettre à la RMB (régie publicitaire de la RTBF) de commercialiser les "décrochages publicitaires" que TF1 veut lancer en septembre prochain. Ce refus pourrait plonger Reyers dans ce que certains, en interne, qualifient déjà de "scénario catastrophe".

Pour bien comprendre les enjeux de ce "dossier TF1", voici ce qu’on peut en dire.

1. Pourquoi TF1 veut-elle faire des "décrochages publicitaires" en Belgique ?

TF1 diffuse ses programmes en Belgique depuis de nombreuses années. Avec succès. D’après l’agence média Space, TF1 occupe, sur la cible des 18-54 ans, la deuxième place en termes d’audience (avec près de 20 %), dans le sillage de RTL-TVI (26 %). Jusqu’ici, TF1 n’a jamais monétisé cette audience auprès des annonceurs belges. Cela signifie que les téléspectateurs belges voient les mêmes pubs que leurs homologues français. En février dernier, Gilles Pélisson, patron de TF1, a annoncé son intention de rentrer sur le marché publicitaire belge dès cette année, y voyant un des leviers financiers à même de renforcer TF1 face à la concurrence féroce de M6 (filiale du groupe RTL) et aux acteurs de l’Internet (Netflix…). Ces décrochages belges pourraient lui rapporter entre 15 et 20 millions d’euros par an.

2. Pourquoi la RTBF a-t-elle refusé de s’allier à TF1 ?

...