Entreprise

La dépendance des entreprises wallonnes à l'égard des groupes étrangers continue d'augmenter, dans des proportions toutefois comparables à l'ensemble du pays, note le Crisp (Centre de recherche et d'information socio-politiques) dans son dernier `Courrier hebdomadaire´ (*). Cette dépendance externe est particulièrement ` écrasante ´ pour les entreprises industrielles, souligne-t-il. Ainsi, pour les cent premières d'entre elles, la part des enseignes étrangères atteint entre 63 et 88 pc des montants globalisés de leur chiffre d'affaires, des effectifs occupés, du capital souscrit, du total bilantaire et des immobilisations financières.

Le Crisp comptabilise plus de 700 groupes étrangers dans le capital d'entreprises présentes en Wallonie. Après les Américains (169 groupes) et les Français (148), il observe la présence massive des pays limitrophes, des autres Etats européens et du Japon. Le nombre de groupes binationaux est également en progression. Ces groupes étrangers et binationaux totalisent plus de 65 pc de l'emploi des firmes wallonnes liées à des groupes d'entreprises et plus de 78 pc de leur chiffre d'affaires.

La part des groupes privés belges n'est que de 23 et 17 pc, respectivement, l'Etat fédéral et la Région wallonne intervenant pour 12 pc de l'emploi des entreprises liées à des groupes d'entreprises et pour 5 pc de leur chiffre d'affaires. Comme signalé plus haut, cette situation n'est pas propre à la Wallonie. Ainsi, rappelle le Crisp, les vingt-trois entreprises industrielles belges qui réalisent un chiffre d'affaires supérieur à 1 milliard d'euros sont toutes sous contrôle étranger! Parmi les seize sociétés de droit belge qui occupent plus de 3000 personnes, trois seulement dépendent de groupes belges, à savoir Bekaert, Interbrew et Van Hool.

Le Crisp livre également une analyse par secteurs. Sur les 415 entreprises répertoriées dans la métallurgie, 201 ne sont liées à aucun groupe. Il s'agit toutefois de PME qui ne totalisent que 3,3 pc du chiffre d'affaires global mais malgré tout 11,2 pc de l'emploi. En chimie, à peine 34 sociétés sur 152 générant 1,2 pc du chiffre d'affaires et 2,7 pc de l'emploi ne sont pas (encore) intégrées à des groupes. Vu la présence de Solvay et UCB, les Belges arrivent en tête en termes d'emploi (29,3 pc du total). Le poids étranger dans les autres secteurs comme l'alimentation ou le verre est particulièrement marqué.

Les mouvements de concentration et de prise de contrôle sont, malgré leur poids déjà considérable, en augmentation constante, observent les auteurs. A l'inverse, les investissements à l'étranger sont ` plus limités ou se situent à un niveau inférieur de contrôle comme les prises de participation minoritaires du Wallon Albert Frère dans divers groupes européens ´. Et de conclure: ` Petite économie dépendante de l'étranger pour ses approvisionnements et ses débouchés, la Belgique n'a jamais mis d'obstacle aux investissements étrangers. Au contraire...´ Le refrain est connu.

© La Libre Belgique 2002