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Que gagnent les Belges ? La question intéresse tout le monde bien sûr. La réponse se trouve dans les dernières données (avec comme référence octobre 2009) publiées par la direction générale statistique et information économique du SPF Economie (*). Le salaire mensuel brut moyen d’un salarié à temps plein s’élève à 3027 €. Le salaire médian est, lui, de 2639 €, ce qui signifie que 50 % des Belges gagnent moins que ce montant. Plusieurs éléments peuvent expliquer les différences de rémunération.

1La fonction. L’importance du salaire dépend largement de la fonction occupée. Et bien souvent, plus elle est complexe ou demande de responsabilités, plus la rémunération est élevée. C’est ainsi que les directeurs de société sont les mieux payés avec un salaire mensuel brut moyen de 8214 €, soit 171,4 % au-dessus de la moyenne. Du côté des fonctions les moins bien rémunérées, on retrouve les serveurs et barmen et les coiffeurs et esthéticiennes, qui, avec un salaire moyen de 2002 € gagnent 34 % de moins que la moyenne nationale.

2Le secteur influence également ce que l’on peut gagner. C’est dans l’industrie pétrochimique que les salaires sont les plus élevés. Avec un salaire moyen de 4624 €, les travailleurs de ce secteur gagnent 53 % de plus que la moyenne. Au bas de l’échelle, on retrouve l’horeca, la fabrication de meubles et le commerce de détail. Avec un salaire de 2244 €, un travailleur de l’horeca gagne 25,9 % de moins que la moyenne nationale. Mais s’ils sont bas, les salaires de l’horeca sont ceux qui ont le plus progressé en dix ans, + 47,3 %, devant l’industrie de l’habillement et des fourrures et le commerce de détail. C’est dans la production et la distribution d’énergie que les rémunérations ont le moins progressé : + 26,7 %. "Les rémunérations élevées dans la pétrochimie s’expliquent notamment par le fait que les entreprises du secteur gagnent souvent beaucoup d’argent mais ont des coûts salariaux en comparaison de l’ensemble de leurs coûts plus faibles que dans d’autres secteurs", estime Pierre Berte, directeur talent&reward chez Securex. "Cela leur permet de mieux payer leur personnel qui est aussi composé de profils très pointus. Bien payer ses salariés fait également partie de leur politique de ressources humaines en général pour attirer et retenir les meilleurs talents."

3La région joue aussi un rôle. Dans l’arrondissement de Bruxelles, les salaires sont plus élevés qu’ailleurs : 3 493 €, soit 15,4 % au-dessus de la moyenne. Suivent Hal-Vilvorde et Nivelles. Du côté de Dinant par contre les salaires sont inférieurs de 24,3 % à la moyenne nationale, à 2292 €. C’est dans l’arrondissement d’Ostende que la progression sur dix ans a été la plus forte (+ 43,6 %); à Neufchâteau la plus faible (+ 26,2 %). "Bruxelles abrite de nombreuses entreprises internationales qui recherchent des talents et sont en concurrence entre elles. Bien les payer est une manière de les attirer", explique Pierre Berte. "C’est là aussi que se trouvent les entreprises qui demandent beaucoup d’expertise. Les deux éléments se conjuguent : les entreprises payent mieux à Bruxelles et on y trouve les fonctions les mieux rémunérées. Sans oublier aussi le coût de la vie qui y est plus élevé que dans d’autres régions, même si parmi ceux qui travaillent dans la capitale un grand nombre n’y habite pas."

4L’âge est aussi révélateur. Assez logiquement, on gagne plus avec l’âge. Les statistiques révèlent que le salaire moyen des jeunes de moins de 20 ans est inférieur de 58 % à la moyenne nationale. En général, il faut attendre 37 ans pour gagner plus que la moyenne.

5Le genre n’est pas sans influence. Les hommes gagnent en moyenne plus que les femmes. Si l’on s’en tient aux extrêmes, les statistiques montrent que 0,39 % des hommes gagnent moins de 1499 €, contre 0,85 % des femmes. Par contre 4,16 % des hommes ont un salaire supérieur à 6000 €, pour seulement 1,89 % des femmes.

(*) L’analyse se limite aux salariés employés à temps plein dans une entreprise occupant au moins dix personnes. Certains secteurs comme l’agriculture, la pêche, les administrations publiques, l’enseignement, les soins de santé et les autres services publics ne sont pas pris en compte.