Entreprise

Quarante-huit heures après l’annonce de la fin du mandat de Didier Bellens comme CEO, on ne savait toujours pas quel chasseur de tête serait désigné pour trouver son remplaçant. Et pour cause, l’appel d’offres est en cours. En attendant, des noms de CEO possibles circulent, certains plus crédibles que d’autres. C’est ce que nous font comprendre des proches du dossier.

Les avis sont en tout cas unanimes pour dire que l’oiseau rare pourrait être trouvé en interne comme en externe .

Dominique Leroy

Au sein du comité de direction, le nom de Dominique Leroy est souvent cité. Ayant siégé au comité de direction d’Unilever Benelux, cette diplômée de l’école Solvay peut en effet faire valoir une expérience dans le secteur de la consommation. Ce serait aussi la première femme aux commandes d’une entreprise du Bel 20. Mais on nous explique que d’autres membres du comité de direction ont tout autant de légitimité, si pas plus ne fût-ce par leur ancienneté. C’est le cas notamment de Michel Georgis.

Michel Georgis

Il était CEO de Proximus avant que la filiale de téléphonie mobile n’intègre Belgacom. Comme Dominique Leroy, il est francophone, ce qui semble être un prérequis. Toutefois, il approche de la soixantaine. Or, "Belgacom a sans doute besoin, vu les enjeux stratégiques à venir, d’un CEO qui pourra travailler dans la durée, à savoir dans un horizon de cinq à dix ans", nous dit-on.

Ray Stewart

Quant au directeur financier Ray Stewart qui assure l’intérim, il semble exclu. A 64 ans, l’Américain a dit lui-même qu’il n’était pas intéressé.

Duco Sickinghe

En externe, certains analystes financiers estiment qu’il faudra en tout cas un profil défensif, quelqu’un qui assurera le paiement d’un généreux dividende à l’Etat belge, actionnaire à 53 % de Belgacom. Ils sont nombreux à penser que Duco Sickinghe, l’ancien patron de Telenet, a le profil idéal. Il a ce côté de "bon généraliste qu’il faudrait à Belgacom", entend-on dire. Il est à l’aise avec les questions financières; il a une vision stratégique; on ne lui connaît pas de faux pas en ressources humaines et il appréhende bien les questions de marketing. Et last but last least, il a ce côté fédérateur qui paraît indispensable au prochain CEO, surtout après l’ère Bellens qui a fait quelques dégâts.

Mais ceux qui connaissent le Néerlandais estiment ce scénario "très improbable" pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ils rappellent qu’il a refusé une proposition émanant du groupe néerlandais de télécom KPN. De plus, son passé professionnel lui colle à la peau. "Il a tellement incarné Telenet que je le vois mal se mobiliser à 200 % pour le rival", nous explique un observateur avisé. De plus, on peut aussi supposer que Duco Sickinghe a signé une clause de non-concurrence.

Grégoire Dallemagne

Le nom de Grégoire Dallemagne est également cité. Cet ancien de Belgacom dirige actuellement le groupe énergétique Luminus, filiale à environ 50 % d’EDF. Il est aux commandes d’une société qui emploie un millier de personnes. On n’est pas dans la dimension de Belgacom avec plus de 15 000 employés. D’un autre côté, il travaille dans un secteur qui, comme pour les télécoms, est soumis au regard attentif du monde politique. Une partie du job du futur CEO de Belgacom sera justement d’avoir le dialogue le plus harmonieux possible avec les autorités publiques, nous dit-on. D’autres font remarquer qu’il est difficile de percevoir la vision stratégique de Grégoire Dallemagne tant ce dernier se montre discret et, de surcroît, bien encadré par son actionnaire français.

Pas évident donc de trouver l’homme qui rassemblera toutes les qualités privilégiées pour le futur CEO….