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C’est l’été, et à force de voir les utilisateurs de smartphones et d’ordinateurs s’esclaffer devant les photos de vacances mises en lignes par leurs amis, on serait tenté de faire comme eux. Mais faut-il être présent sur un ou des réseaux sociaux ? Voilà la question que se posent ou ne se posent pas les "clients" de ces nouveaux portails sympathiques, un peu dangereux quand même, et surtout aux visées commerciales pas toujours très évidentes. On parle ici en vrac de Facebook, Twitter, MySpace, Viadeo ou LinkedIn.

Si certains utilisateurs potentiels ont décidé d’emblée qu’ils ne souhaitaient pas se présenter aux yeux de tous pour des raisons personnelles comme le risque d’être brocardés sur la place publique, d’autres ont au moins au préalable testé le poids de cette présence, avant de disparaître puis, éventuellement, de revenir : on n’est pas vite vraiment mort sur les réseaux sociaux puisque tout ce qui est publié est très difficile à effacer, voire impossible. Certains disparaissent même lors de la médiatisation excessive de leur profil avant de revenir également, sachant que le public a globalement la mémoire courte. Et sans oublier qu’au final, même la mauvaise publicité est toujours de la publicité. Ajouter des infos à son propos est une manière de noyer celles qu’on n’a plus envie de voir apparaître.

D’autres utilisateurs moins téméraires ont jaugé les avantages et les inconvénients avant de moduler leur présence en fonction de leurs préférences, quitte à prendre le temps de gérer les paramètres (de plus en plus complexes) de sécurité et de confidentialité de leurs pages. C’est une des clés de réseaux comme Facebook (réseau amical) ou de LinkedIn (son alter ego professionnel), que de procéder à une série de réglages fins de cette présence. Dans le pire des cas, on peut donner un minimum d’infos et se contenter de jouer les voyeurs sur ce que les utilisateurs plus actifs permettent aux "non-amis" de regarder. Dans tous les cas, le principe est de ne pas faire et de ne pas montrer sur ces réseaux ce qui risque de se retourner contre vous, socialement, professionnellement, fiscalement Envie de montrer votre collection de bijoux, de faire savoir à tous que vous pouvez vous payer un mois de vacances à Tahiti, une Porsche améliorée ? Tâchez de ne pas fournir au passage votre adresse, numéro de téléphone, ou pire au cambrioleur branché.

Quant aux pré-ados qui ne peuvent s’empêcher de tricher sur leur âge pour être, eux aussi, sur cette plateforme, comme les grands, ils ont tout avantage à demander à leurs parents de gérer la partie technique de cet outil de communication. Et d’écouter leurs conseils avant de poster des images ou commentaires qui risquent de faire mal aux ennemis du jour qui seront les meilleurs amis de demain. Gros avantage de Facebook : son succès planétaire qui permet de retrouver des conseils avisés (dans toutes les langues) à propos des techniques permettant de ne pas se faire embêter par des malveillants. Aux parents ensuite à surveiller discrètement ce qui se passe en intervenant le moins souvent possible.

C’est que les réseaux donnent accès à une foule d’infos dont le quidam ne soupçonne pas la valeur. Dans un livre datant déjà de 2009 (Entrez dans la toile de mon réseau !, Edipro), deux auteurs belges, Emmanuel Briard et Audrey Bontemps, donnent le ton de cette chasse aux infos en direction des entreprises à la recherche de prospects. Eux-mêmes titrent un des chapitres "Repérez des prospects en fouillant dans les réseaux de vos propres contacts". Il s’agit ici de pratiques commerciales normales. Mais si vous échangez le terme "prospects" par celui de "proies" Les techniques sont les mêmes : on cherche, on trouve, on enrichit la somme d’infos. Certains sites agrègent d’ailleurs les infos par noms d’utilisateurs, comme www.123people.fr, ce qui prouve que le travail est relativement aisé. Et ça fonctionne pour tous les réseaux.

Cela étant, les réseaux sont devenus un prolongement des personnes, au même titre que les vieux annuaires téléphoniques papier. Et il est bon d’y figurer pour rester dans la course à l’emploi, par exemple. Même en Europe, les DRH branchés ne peuvent résister à l’envie de jeter un coup d’œil sur la face (mal) cachée de leurs futurs collaborateurs. Bref, il faut y être, comme on est dans la vie, un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout.