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Pour le vice-premier ministre MR Didier Reynders il faudra veiller dans les discussions budgétaires qui se dérouleront après les élections communales à s'assurer de la volonté des Régions de respecter leurs engagements. Il faudra également accorder beaucoup d'attention à l'emploi, "pas seulement dans la sidérurgie mais aussi dans le secteur hospitalier".

Après les élections communales de dimanche, le gouvernement devra rapidement entamer les discussions budgétaires. Le vice-premier ministre MR Didier Reynders a tenu à rappeler vendredi, depuis Kinshasa où il représente la Belgique au Sommet de la Francophonie, que la participation des Régions et l'emploi seront des éléments importants de la discussions.

Le travail préparatoire est déjà bien avancé. Il faut maintenant avoir rapidement un état des lieu de la situation 2012 et des besoins pour 2013, dit M. Reynders rappelant que le Comité de monitoring rendra son rapport dans le courant de la semaine prochaine.

Pour lui, le gouvernement devra reprendre contact avec les autres niveaux de pouvoirs. Il rappelle qu'il a été convenu que les entités fédérés participent plus au financement de la pension des membres de leur personnel. Il reste aussi toujours des discussions autour de ce qu'on a appelé les "compétences usurpées", des compétences transférées aux Régions ou Communautés et toujours financées par le fédéral. M. Reynders rappelle à ce propos que le budget 2012 prévoit un montant de 250 millions d'euros pour ce poste et qu'il a été convenu que le montant serait plus élevé pour 2013.

L'autre point délicat sur lequel le vice-premier libéral met l'accent est l'emploi. "Nous devons être très attentif à ce point et voir ce qu'on peut faire pour favoriser l'emploi, soutenir la recherche, comment gérer les restructurations....". Mais Didier Reynders ajoute qu'il ne faut pas seulement veiller à l'emploi industriel. "J'ai été interpellé par le conflit qui oppose la ministre de la Santé Laurette Onkelinx à l'ABSYM. Je ne prétends pas que les chiffres de l'organisation médicale sont exacts mais je suis d'avis qu'il ne faut pas rejeter d'un revers de la main les arguments qu'elle avance. Il y a un incontestable manque de certains spécialistes et le problème des suppléments d'honoraires pose le problème du financement des hôpitaux".

Le vice-premier ministre MR suggère qu'on pourrait aller vers un "devis" qui serait soumis au patient pour les opérations et hospitalisations programmées. "Il faut savoir que ce que les uns payent en plus pour certains services, les autres ne le payent pas, car les suppléments interviennent largement dans le financement des hôpitaux", insiste M. Reynders. Il souligne à ce propos que l'accord de gouvernement prévoit de revoir le financement des hôpitaux et donc la relation entre les médecins spécialistes et les hôpitaux.

En conclusion, M. Reynders a réaffirmé sa volonté de voir le gouvernement respecter la trajectoire budgétaire à laquelle il s'est engagé et ce avec "la participation de chacun".

Des "déclarations très fortes" de Hollande

Le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, a pris vendredi ses distances avec les propos du président français François Hollande, qui a jugé "tout à fait inacceptable" la situation des droits de l'homme en République démocratique du Congo (RDC). "Je regrette toujours qu'il y ait des déclarations très fortes qui sont davantage destinées à l'opinion nationale", a-t-il dit.

Arrivé jeudi soir à Kinshasa pour participer au 14ème sommet de la Francophonie, M. Reynders a rencontré vendredi matin le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, avant de s'entretenir avec le député d'opposition Samy Badibanga. Les deux interlocuteurs ont tenu des discours très différents sur l'état de la démocratie au Congo. "En ce qui concerne la démocratie, ce pays a réalisé beaucoup de progrès", a affirmé M. Matata en demandant "combien de parlements en Afrique ont un tel pourcentage de députés issus de l'opposition".

S'il admet "des insuffisances, comme dans le monde entier" en matière de droits de l'homme, le Premier ministre estime que son pays est "une jeune démocratie qu'on ne peut pas comparer aux vieilles démocraties". Pour M. Badibanga, au contraire, "on ne peut pas vraiment parler de progrès démocratiques". Le député, qui préside le groupe de l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS) à l'Assemblée nationale, pointe en particulier la lenteur de la réforme de la commission électorale nationale indépendante (Céni) et la difficulté de nommer un porte-parole de l'opposition comme le prévoit la Constitution.

Du côté belge, M. Reynders a dit "appuyer le Premier ministre dans ses démarches de réforme" tant économiques que politiques. "Les réformes doivent se faire à un rythme soutenu", a-t-il ajouté, lors d'un point de presse conjoint avec M. Matata. Un peu plus tard, lors un entretien avec la presse belge, le ministre belge a pris ses distances avec la condamnation ferme du président Hollande. "Je regrette toujours qu'il y ait des déclarations très fortes qui sont davantage destinées à l'opinion nationale", a-t-il dit.

M. Hollande a suscité cette semaine un certain émoi à Kinshasa, en jugeant "tout à fait inacceptable" la situation démocratique. Il a toutefois baissé le ton, dans un entretien télévisé jeudi soir, au cours duquel il a évoqué - sans les détailler - "les progrès qui viennent d'être accomplis" au Congo. "Les temps ont changé. La France est désireuse de respecter ses interlocuteurs", a ajouté M. Hollande, qui ne veut pas s'ériger en "arbitre ou (en) juge".

M. Hollande a prévu de rencontrer samedi le leader historique de l'UDPS, Etienne Tshisekedi. Ce dernier conteste toujours l'élection de Joseph Kabila lors de l'élection présidentielle de novembre 2011. Il refuse de participer aux institutions, au contraire d'une bonne partie des élus de son parti qui, à l'instar de M. Badibanga, ont choisi la voie de l'opposition parlementaire.