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Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a salué samedi soir un paquet de décisions - à confirmer dimanche par les chefs d'Etat et de gouvernement européens - qui doivent permettre d'assurer la viabilité de la Grèce, mais aussi celle de la zone euro.

"On entre enfin dans une logique de moyen et long terme", a-t-il déclaré à l'agence Belga. Les ministres des Finances de la zone euro, rejoints par moments par leurs collègues de l'Union européenne élargie, ont mis en place vendredi et samedi les éléments d'une solution plus globale à la débâcle financière européenne.

Ils ont d'une part défini les conditions de recapitalisation des banques et de l'autre oeuvré à rétablir des perspectives crédibles pour la dette de la Grèce, dont le défaut menacerait toute la zone.

Ils ont retenu la piste d'un relèvement à 9% du seuil minimum de fonds propres "durs" (Tier 1) des banques, une décision qui impliquera des besoins de financement de plus de 100 milliards d'euros. Les établissements bancaires seront appelés à lever des fonds sur les marchés, voire à faire appel à un financement public national. En dernier recours, ils pourront solliciter la Facilité européenne de stabilité financière (FESF).

"On n'a pas d'inquiétude particulière pour les banques belges, d'autant plus qu'on vient de reprendre Dexia Banque", a indiqué M. Reynders à ce sujet. Sur le front de la dette grecque, les Européens ont fixé les contours d'une négociation entre Athènes et ses créanciers. Ceux-ci seraient amenés à accepter volontairement une décote substantielle sur leurs obligations grecques. Il s'agit d'une "opération de longue haleine", selon Didier Reynders, qui évoque la retour à la soutenabilité à l'horizon 2020.

Le ministre belge insiste sur l'importance de "laisser à la Grèce la capacité de négocier de façon ouverte", sans définir préalablement le seuil de décote à atteindre. Il favorise en tout cas une opération volontaire, qui ne serait pas considérée comme un défaut.

Un défaut de paiement - dont la différence avec une décote volontairement consentie est ténue - aurait pour conséquence de déclencher le paiement d'assurances ("CDS") souscrites par les opérateurs qui spéculent sur la banqueroute de la Grèce. Souvent commercialisées par la banques, ces assurances risquent de placer ces dernières dans une situation plus délicate encore si elles sont activées.

Les ministres ont également évoqué vendredi et samedi l'extension des capacités de la FESF, sans encore annoncer de décision à ce sujet, pourtant central dans le montage. La participation de la Banque centrale européenne reste sujette à polémique. Si certains, notamment du côté néerlandais, estiment que la BCE ne sera pas impliquée dans la solution, M. Reynders estime de son côté que l'institution de Francfort continuera de participer aux efforts de financement des dettes nationales.

Les modalités de participation de la BCE, qui est indépendante statutairement, restent néanmoins très floues.