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Lorsque le groupe belge Solvay a jeté son dévolu sur le français Rhodia en avril 2011, il tablait sur un chiffre d’affaires global de 12 milliards d’euros sur l’année. " Nous avons fait mieux", s’est réjoui Christian Jourquin, CEO de Solvay en présentant jeudi ses derniers résultats annuels, lui qui passera le flambeau à Jean-Pierre Clamadieu en mai prochain. Le chiffre d’affaires s’est même rapproché des 13 milliards, soit 12,69 milliards (+ 14 % par rapport à 2010).

La hausse la plus spectaculaire est à mettre au compte de Rhodia, dont le chiffre d’affaires a augmenté de 20 % à 6,171 milliards. De quoi permettre à Christian Jourquin d’évoquer sa " fierté" d’avoir réalisé l’opération.

Rhodia a notamment bénéficié de l’explosion des prix des terres rares pour soutenir cette croissance. Les croissances des secteurs chimiques et plastiques ont quant à elles été de 10 %.

Le bénéfice a lui solidement plongé, passant de 2,13 milliards d’euros en 2010 à 784 millions 2011. Un plongeon qui s’explique tout simpement : le bénéfice de 2010 avait été dopé par la plus-value enregistrée par la vente de la branche pharmaceutique à Abbott, réalisant une plus-value nette de 1,7 milliard au passage.

La fin d’année a toutefois été difficile. En cause, la crise économique. Les ventes de de produits PVC ont plongé de 10 % en Europe au quatrième trimestre. Rien de bien étonnant, en soi. Ces produits sont utilisés dans la construction, qui a justement souffert.

Mais la fin d’année 2011 n’a pas été une répétition de la fin 2008 pour le groupe chimique. A l’époque, Solvay avait souffert dans toutes ses branches d’activités et dans toutes les régions. Cette fois, Solvay a fait preuve de " bonne résistance globale ", a expliqué Christian Jourquin. L’évolution du business a été différente selon les produits et selon les régions. Cela a permis au groupe chimique d’augmenter son chiffre d’affaires de 5 % à 2,998 milliards au quatrième trimestre.

Solvay a en fait tiré profit de sa forte exposition - de l’ordre de 40 % - aux pays émergents, où l’activité économique est restée bien plus soutenue que sur le Vieux Continent. Le groupe bénéficie aussi de la diversification de son portefeuille de produits, qui le mettent plus qu’auparavant à l’abri des soubresauts conjecturels. Quelque 29 % de ses produits interviennent dans les biens de consommations, qui " sont moins sensibles au cycle économique ", rappelle Christian Jourquin.

La bonne nouvelle, c’est que 2012 semble plus prometteuse que la fin 2011. "Ce qui a bien marché en 2011 continue à bien fonctionner, note Jean-Pierre Clamadieu. Il y a quelques signes de légère amélioration " dans les marchés qui ont souffert au quatrième trimestre, a également relevé le futur CEO du groupe Solvay. L’avenir le dira.

L’avenir de Solvay passe aussi par le rapprochement des deux entités. Jean-Pierre Clamadieu espère que " le nouveau groupe sera complètement organisé d’ici la fin de l’année" .