Entreprise Il y a un an, Rik Vandenberghe, alors CEO d’ING Belgique, créait la surprise. Après 32 ans dans la même banque (qui s’appelait BBL quand il y est entré), dans laquelle il avait gravi tous les échelons, il décidait, à 56 ans, de passer du côté des entrepreneurs qu’il avait conseillés tout au long de sa carrière. Et d’accepter de succéder à Johan Beerlandt à la tête du groupe de construction Besix. "J’ai beaucoup appris des chefs d’entreprise que j’ai côtoyés. J’ai toujours admiré la fibre entrepreneuriale tout en ayant un faible pour certaines entreprises. Besix était l’une d’elles." Qu’il connaissait depuis 2004, quand il a conseillé le groupe lors de son opération de MBO (management buy-out). "Quand Johan Beerlandt m’a proposé de prendre sa succession, j’ai cru qu’il blaguait."

Une décision presque aussi importante que celle qui l’avait vu hésiter, à 18 ans, entre financier et… pâtissier. La finance l’a emporté, même s’il a failli, à un moment, la lâcher. "J’ai assisté, sans m’en rendre compte, à un ‘fake’ cours. Je voyais tout le monde prendre note et moi, je ne comprenais strictement rien…" Cela l’a marqué car durant ses premiers mois comme CEO de Besix, il a voulu tout comprendre des équipes, des chantiers, des 22 pays dans lesquels le groupe est actif…

Sa décision a d’autant plus surpris qu’elle est tombée en pleine tourmente sociale après l’annonce d’une grosse restructuration au sein d’ING Belgique. "Je ne suis parti qu’après avoir obtenu un accord avec les syndicats sur deux des trois volets du plan, le plan social et la flexibilité du travail. Cet accord a été signé sans moi plus tard, mais conclu avec moi. Je peux me regarder dans un miroir."

"Besix aurait pu être vendue pour un gros chèque à l’étranger"

Vous êtes le CEO de Besix depuis près d’un an, après avoir passé plus de 30 ans dans le secteur bancaire. De quoi êtes-vous le plus fier ?

Ce dont je suis le plus fier, c’est d’être aujourd’hui totalement intégré dans une équipe avec laquelle je travaille bien. Ensemble, on réfléchit sur l’avenir et notamment sur notre volonté de diversification vers plus de revenus récurrents. Pour moi, l’équipe est extrêmement importante.

Quelles sont vos relations avec Johan Beerlandt, l’ancien CEO et actuel président du CA ? Est-ce une sorte de belle-mère pour vous ?

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