Entreprise

Appelé à s'exprimer sur l'affaire de la Société Générale, Jean Peyrelevade, l'ex-patron du Crédit Lyonnais, soulignait il y a quelques jours qu'aucune banque n'était à l'abri de la fraude d'un trader. Voilà une déclaration inquiétante que l'on entend de-ci de-là. En d'autres mots, cela signifie que l'activité bancaire comporte des risques élevés. Et si les banques prennent tant de risques c'est parce qu'elles cherchent à obtenir des rendements de plus en plus hauts (avec des taux de croissance de bénéfice à deux chiffres malgré une croissance économique de quelques pour cent). Il est clair qu'elles ne seraient jamais arrivées à atteindre de tels niveaux en se cantonnant à leur métier de base, à savoir prêter et emprunter de l'argent. Le problème c'est qu'il a fallu un accident comme celui de la SocGen pour que certains patrons osent l'avouer aussi clairement. Jusque-là, on peut dire que les messages se voulaient plutôt apaisants : on parlait de comités d'audit compétents, de contrôle prudentiel rigoureux, de surveillance de risque minutieuse. De quoi, a priori, rassurer le client, le personnel et l'actionnaire. Un actionnaire qui en devenant (trop) gourmand met, il faut le dire, de plus en plus la pression sur les différentes entreprises. En plus du contrôle, l'affaire de la SocGen devrait donc aussi amener à une autre question : est-on prêt à accepter un système avec une telle dose de risque ? Est-il normal qu'une (grande) partie des fonds propres d'une institution financière soit indirectement allouée à des opérations au contrôle si difficile ? La question est d'autant plus légitime que tout le monde sait que le système bancaire est en quelque sorte le poumon de l'économie. La faillite d'une banque a des effets désastreux. C'est pour cela que tout est fait pour l'éviter. On a fini par comprendre qu'il fallait prendre des mesures pour limiter les risques au point de vue du climat et de la santé notamment. Pourquoi ne pas mettre des limites à la foudroyante inventivité du monde de la finance ?