Entreprise

Le hasard du calendrier fait parfois bien les choses. Présents au Mapic, le marché international des professionnels de l’immobilier commercial (19-21/11), qui fête cette année son 20e anniversaire en ses quartiers cannois, les responsables du projet carolorégien Rive gauche se sont réjouis, jeudi, du dénouement heureux de la saga judiciaire dans laquelle s’était trouvé embarqué leur centre commercial. "Nous étions en attente d’un jugement du tribunal civil de Charleroi concernant l’expropriation de sept immeubles, dont cinq inscrits dans les colonnades bordant le boulevard Tirou", explique Raphaël Pollet, directeur du projet au sein d’Iret Development (Eric de Vocht, ex-Robelco). Leurs irréductibles propriétaires refusaient tout accord de rachat à l’amiable, bloquant, ce faisant, l’avancement du colossal chantier.

Il faut dire que, fort de l’obtention de tous ses permis et bien qu’empêtré dans des recours au Conseil d’Etat, le promoteur flamand (associé à l’investisseur anversois Shalom Engelstein au sein de la société Saint-Lambert Promotion), a lancé, depuis quelques mois, la démolition de la soixantaine de bâtiments patiemment acquis à cet effet. "Tout est à terre, ou presque, les fondations sont en passe d’être achevées et nous avons commencé le terrassement", résume Raphaël Pollet. Et ce, en contournant tant bien que mal l’îlot récalcitrant… Vu la situation, le caractère d’extrême urgence a été invoqué par le promoteur, mais contesté en justice de paix. Ultime recours, la Ville de Charleroi a fait appel, qui vient d’obtenir gain de cause.

Une fois l’ensemble des expropriations prononcées (le jugement a été scindé en trois temps, les verdicts suivants étant attendus le 27 novembre et le 4 décembre prochains), le chantier se poursuivra pour voir s’élever, courant du mois de janvier, les différents composants de Rive gauche. A savoir quelque 35 000 m² de surface commerciale, des logements, un hôtel et du parking. "Ces expropriations règlent aussi le problème des recours au Conseil d’Etat puisque ceux-ci ont été introduits par ces mêmes riverains qui refusaient de céder leur bien", ajoute Raphaël Pollet.

Dans les allées du Mapic, le soulagement était palpable. C’est que le projet, mis en branle voici huit ans, a bien failli passer à la trappe. La commercialisation du shopping peut donc reprendre de plus belle, tandis que la livraison de l’ensemble est attendue pour octobre 2016.