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Huit travailleurs sur 10 de la compagnie aérienne Ryanair font grève, mercredi, à Brussels Airport, a indiqué Hans Elsen, secrétaite du syndicat chrétien LBC-NVK (CNE). "La mobilisation est forte. 80% des travailleurs sont en grève aujourd'hui et le seront demain", explique M. Elsen. Quatre employés ont voulu travailler mercredi matin et sont partis pour un vol vers Lisbonne.

"Un vol de et vers Berlin a pu être assuré avec un équipage allemand car il n'y a pas de grève en Allemagne. Pour le vol vers Palma, il faut voir s'il y aura suffisamment de personnel belge", souligne le syndicaliste.

La LBC a par ailleurs appris que 25 travailleurs polonais avaient été envoyés à Bruxelles pour combler des manques de personnel. "Nous ne sommes pas d'accord avec cette manière de procéder. C'est une pratique du XIXe siècle. A cette époque, des dockers britanniques avaient été recrutés lors d'une grève dans le port d'Anvers", dit M. Elsen. "Ce n'est pas conforme aux accords belges et internationaux et nous avons introduit une plainte auprès de l'inspection sociale."

Selon M. Elsen, les travailleurs polonais travaillent pour un sous-traitant de Ryanair. Juridiquement, ils ne travaillent donc pas pour la même entreprise.

"Nous constatons que sans un travail syndical actif la protection collective et sociale disparaît presque immédiatement. Cela démontre que les syndicats sont toujours aussi importants qu'au XIXe siècle", ajoute encore le responsable syndical.

"Nous attendons des autorités qu'elles veillent à ce que Ryanair ne casse pas la grève", a souligné mercredi Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE. "La mobilisation du personnel est très forte à Brussels Airport." "90% des vols ont été annulés mercredi et ce sera aussi le cas jeudi", précise M. Lebbe.

Le personnel de Ryanair en Belgique, Espagne, Portugal et Italie est en grève mercredi. Il réclame de meilleures conditions de travail et le respect des législations nationales du travail.


La grève chez Ryanair touchera quelque 23.500 passagers ces mercredi et jeudi en Belgique

La grève prévue ces mercredi et jeudi chez Ryanair devrait toucher 23.500 passagers de et vers la Belgique: 16.500 à Charleroi et plus de 7.000 à Brussels Airport, a-t-on appris auprès des aéroports. A Charleroi, 48 vols (aller/retour) seront supprimés ce mercredi et le même nombre demain/jeudi. A Brussels Airport, 22 vols seront supprimés mercredi et 18 jeudi. Par ailleurs, d'autres vols pourraient être supprimés durant les grèves si le nombre de travailleurs volontaires est insuffisant. Les syndicats de quatre pays européens, dont la Belgique, ont annoncé, voici deux semaines, une grève coordonnée pour le personnel de cabine. Ces mercredi et jeudi, les travailleurs se croiseront les bras en Belgique, au Portugal et en Espagne. Les Italiens arrêteront, eux, le travail le 25 juillet uniquement. Le personnel réclame de meilleures conditions de travail et une reconnaissance syndicale.

Il s'agit d'une première pour la compagnie aérienne à bas coûts, avare de commentaires. Ryanair a dû proposer une alternative aux passagers bloqués ou le remboursement de leur billet. "Nos 50.000 clients en Espagne, au Portugal et en Belgique, dont les vols de mercredi et jeudi ont été annulés, se sont vu proposer un autre vol ou ont demandé un remboursement intégral au cours du week-end dernier. Nous n'attendons pas de nouvelles annulations demain (mercredi 25 juillet)", déclare Ryanair sur son compte Twitter.

Comme l'annulation a été annoncée moins de deux semaines avant le départ, les passagers ont aussi droit à une compensation complémentaire de 250 à 600 euros en fonction de la distance. Mais Ryanair est peu loquace sur une éventuelle indemnisation. Selon l'organisation de défense des consommateurs Test-Achats, la compagnie évoque la "force majeure" dans sa communication vers les passagers alors qu'un arrêt de la Cour européenne de justice indique que celle-ci ne peut être invoquée en cas de grève au sein de l'entreprise.

Le ministre de l'Économie, Kris Peeters, a déjà demandé à l'Inspection économique de suivre l'affaire.

Selon la CNE, qui a lancé l'appel à la grève avec les autres syndicats, la mobilisation du personnel est importante. "Le personnel est plus que fatigué des conditions de travail difficiles, qui se dégradent et ce, après plusieurs tentatives de conciliation avec la direction", expliquait le syndicat chrétien dans un communiqué.

Le syndicat socialiste des employés, le SETCa, estime qu'il est urgent qu'une représentation syndicale, au sein de laquelle tous les syndicats belges seraient représentés, soit reconnue au sein de la compagnie aérienne. La grève de mercredi et jeudi aurait pu être évitée, selon le syndicat, "si la direction avait réagi aux nombreux appels des travailleurs".